Chez nous, mais pas seulement ici, l’environnement est une source constante de préoccupation sociale. Les revendications sont nombreuses pour identifier les pistes d’une meilleure protection de notre environnement dans le nord du Québec, face au développement forestier et minier, près des grands centres urbains, face au nucléaire, dans les eaux territoriales, face à la diminution et la disparition des espèces, dans l’agriculture, face à l’industrie agroalimentaire grandissante.
Mais pourquoi ça ? ne pourrions-nous nous contenter de ce que nous avons, sans s’en soucier ? Beaucoup sont comme ça. Mais pas tout le monde, et heureusement. Et depuis longtemps déjà. Encore plus depuis les échecs cuisants des pays membres de l’ONU lors des sommets sur l’environnement de Rio en 1992, de Johannesburg en 2002 et de Rio, encore, en 2012, sur…sur…voilà le hic !
Normalement, ces rencontres de haut niveau (gestion supérieure) devaient accoucher de politiques et de mesures pour mieux protéger l’environnement et pour mieux contrer les effets destructeurs du développement, industriel en majeure partie, lié aux push (putsch) des grandes industries du monde: les pétrolières et les minières, l’agro-alimentaire, l’automobile, l’aviation, les infrastructures. Surtout, surtout, depuis que l’on connaît mieux les impacts sur l’environnement : eau, terre, nappes phréatiques, océans, climat, des activités de développement. A moins d’avoir une tête d’autruche, on sait aussi que ces activités sont des faits de l’homme, non des plantes !
Tout le dilemme, qui devra un jour être résolu, reste selon moi, dans la conscience que nous avons de notre responsabilité socio-politico-environnementale; ou un brin de morale. Une discussion avec un ami et étudiant en écologie de l’université de Montréal tournait autour de la responsabilité partagée dans cette problématique, car problématique il y a et c’est peu dire. Une responsabilité individuelle d’abord, qui mène à une conscience collective, et une responsabilité sociale : les impacts dans la société de nos gestes et de nos comportements. Or, tous les notables de l’économie et du développement nous rabâchent l’action de »la main invisible », ou de »la pieuvre dont nous ne contrôlons pas le rôle (…) », comme un inconscient qui agit sur nous, en nous, sans relâche et qui fait miroiter, que sais-je, le paradis sur terre (sans doute !). Nous sommes davantage dans l’adage »charité bien ordonnée commence par soi-même » plutôt que dans la recherche »du bonheur pour autrui »; parce que si nous cherchions le bonheur d’autrui, nous n’en serions pas à la croisée des chemins, entre les hommes de bonne volonté.
L’acculturation est un phénomène cognitif sournois. Elle est constituée d’un glissement identitaire de soi vers l’autre, ou de l’autre vers soi. L’éducation des parents vers leurs enfants en est un bel exemple, puis celle, moins formelle, des enseignants auprès de leurs élèves, et encore, celle de tous les acteurs sociaux visibles et des médias vers…leurs sujets. C’est-à-dire nous ! S’adapter, changer, se transformer sont probablement tant d’activités humaines qui visent à mieux se comprendre, entre nous, à mieux digérer le monde changeant, et a nous faire avaler des couleuvres, incluant les médicaments post-opération. Combien de médicaments devons nous avaler pour mieux digérer l’indigeste ? Une panoplie ! Et je ne parle seulement des petites pillules vertes ou bleues.
Comme alternatives nous avons quelques choix. Consommer davantage de petites pillules multicolores, consommer moins, recycler davantage, forcer les industries à moins produire et donc à moins consommer aussi, forcer les gouvernants à considérer les résidents et habitants du territoire sur leurs besoins, dans le vrai sens du terme ‘autochtone’, couper l’influence des médias ou écouter le silence,.