Des explorateurs en Espagne et en France: traces d’humanité 2017

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Les pas vont, les bras forcent, les historiens s’affairent, les travailleurs construisent, les autres encouragent. Les hommes poursuivent leur bonheur au gré des promenades européennes, des sourires discrets, des paroles échangées par petits et grands moments de bonheur. L’inconnu et l’étrange m’attirent toujours ! Là où je peux être inconnu sans être complètement étranger.

En liberté ! Dans une région du nord-ouest de l’Espagne, les rias de Pontevedra, de Vigo et de Santiago entrent dans la terre sur plusieurs kilomètres, là où se succèdent en harmonie ville, villages, ports de pêche, pont en arche, port commercial, culture des moules, voiliers, traversiers et randonneurs ponctuels. Les randonnées se sont succédées sur les côtes, entre ces ports de pêche où les moules sont cultivés dans de vastes lagunes, les ‘horreos’ où l’on conserve la nourriture et les villages anciens où les pierres sont le signe des établissements  des hommes il y a des siècles. La région est castillane, à ne pas confondre avec la Catalogne de l’est de l’Espagne. Les rues se pointent en étoile vers les grandes places centrales où se confondent habitants, touristes, voyageurs d’un jour. Le temps est plus clément que chez moi, quand le thermomètre indiquait 8C la nuit et 12C le jour, en mai. Les vacances débutent…

près de Vigo, Espagne, 2017

À Santiago de Compostelle: A quelques kilomètres de Pontevedra, la ville des croisements de chemins nus qu’empruntent les pèlerins du sud, du sud-est, du centre-est et du centre-nord de l’Espagne pour parvenir à ce lieu mythique de rencontre. Au centre de la ville, pas très grande, déjà et même un peu avant la haute saison, des pèlerins marcheurs s’activent près de l’église. Le soleil est radieux, mes yeux s’ouvrent grand de toutes les beautés anciennes, aux couleurs d’ocre jaune, de terre de sienne, de gris-brunâtre, de vert vif; les verdures prennent vie sur la façade la cathédrale de Saint-Jacques, là où repose la tombe, très visitée ! de Santiago (Saint-Jacques, apôtre). De Pontevedra, nous nous promènerons avec un bon ami, le long des côtes ouest vers le nord en contournant les ‘rias’, ces grandes baies entrant dans les terres, puis Cambados, Arousa, Sensenxo… Nous stopperons dans les petits villages où des vestiges anciens disent l’histoire. C’est lors du passage dans l’une de ces baies que nous voyons le géant ‘Queen Elizabeth’, en arrêt à Vigo; le géant de la mer jusqu’à peu temps.

La cathédrale de Santiago. Espagne, 2017.

Nous avons marché ainsi  jusqu’à la pause café en écoutant de loin la procession festive (à Santiago) qui démarre. Après demain, nous prendrons la route vers Barcelone, avec quelques arrêts, et nous verrons tout le long de l »autopista’, les pèlerins qui ont prit la route française vers Compostelle. Ce chemin de 850 kms suit la route du nord d’est en ouest et prévoit des arrêts, souvent près d’une fontaine, près du centre du village, où souvent près de la place publique (civique). Je m’imprègne d’une histoire que je connais à peine, mais heureusement, la langue me permet d’apprécier quelques accents toniques bien spécifiques.

De retour à Pontevedra, nous faisons le point sur notre fatigue, mais aussi sur le bonheur de ces sites explorés, côté mer et côté terre. Apéro, sandwichs aux saveurs locales, café negro ou corto font le délice de nos estomacs. Je nourris ma mémoire de ces découvertes de la planète et de ses habitants; un délice pour les sens !

 

Trois jours plus tard, en route vers Burgos, mes pieds suivent ceux du copain qui me reçoit dans son pays et mes yeux toujours ouverts devant les monuments, les chapelles, les façades, les colonnes qui ont pris l’âge des communautés en peuplement. Tout le long,  le sentier ‘français’ du chemin de Compostelle est marqué d’une coquille st-jacques sur le sol, où se repèrent les pèlerins, femmes et hommes en bottines garnies; mais le gros de la saison des marcheurs est plus tard. Cette route longue a quelque chose dans l’âme.

Cathédrale de Burgos.

Entre Burgos et Saragosa, la route s’enfuit sous  un paysage changeant;  la terre devient gris-blanc- calcaire, et c’est là que le bon vin est cultivé: le Ribera en fait partie. Le paysage est lunaire, désertique et aride; et là, les collines sont amassées en gros tas de pierres blanches de 10 à 20 m. de haut et de petits arbustes y poussent. Nous sommes à moins de 300 kms de Barcelone vers l’est…le soleil est toujours le bienvenu. Nous arriverons bientôt vers la grande cité catalane.

Barcelone: La ville des jeux de 1992, si grande, si diversifiée et cosmopolite, entre la plage du sud, les installations olympiques restantes et les stades de foot, les temples et églises centenaires, le Montjuic d’où l’on voit l’Est.  Enfin, après la route, on y arrive, 850 kms plus tard. Wow, quelle belle architecture, mais j’y reviendrai, car pour l’instant, à 30C, se mettre les pieds dans l’eau de la Méditerranée serait vraiment chouette, pour une première fois.

Le port immense de Barcelone.

La promenade début avec le monument à voir: le temple d’expiation de la Sagrada familia, une oeuvre architecturale inachevée, débutée par Gaudi, ingénieur et céramiste. C’est si grand qu’il faudrait plusieurs jours pour en contempler le détail des superpositions réalisées dans le temps. Autour, les files sont longues pour y entrer.

En fin de journée, l’auto nous conduit (sic) au Montjuic, du haut duquel nous avons une vue imprenable sur la largeur du port de la ville: une partie pour les paquebots, une autre pour les bateaux de pêche, une troisième pour les voiliers et plaisanciers et les jardins sont éclatants de plantes et de fleurs que je ne connais pas. Tout pour les yeux !

De Barcelone à Nîmes. Le bus est très abordable pour faire ces 350 kms et passer la ‘frontera’, on n’est pas pressés, et la chauffeure non plus: 7 heures pour faire ce trajet, en frôlant les Pyrénées ! C’est quand même bien ces petits arrêts qui me permettent de sentir les villes en aval, et de voir un superbe couvert de nuage bleu foncé sur une plaine verte en passant Perpignan, un orage se prépare !

Village dans le Luberon

De Nîmes à Ansouis. Mes cousines viennent me chercher au terminus (introuvable !) de Nîmes, côté sud, où personne ne va jamais (;-). Depuis les années 80-90, elles ont toutes migré vers le sud. On a fait un arrêt sympa chez un grand oncle de la famille. Depuis près de 40 ans, il m’a reconnu, quelle mémoire à 92 ans. Cela m’a replongé dans un temps lointain: une époque d’adolescence au moment où les contradictions de la vie sont au plus fort. Depuis, cette famille avait déménagé dans le sud du pays, autour de Clarensac, les cousins d’abord, puis le père, puis les quatre cousines ont suivi, à Marseille, Port-de-bouc, Aix en Provence et le Luberon. La vie a reprit de plus belle dans ces très belles régions. Leurs enfants marquent ce temps qui s’est écoulé et le voyage m’apprend le pays lointain de mes parents. Le séjour n’a duré que 36 heures, pas assez pour tout voir et tout comprendre, mais j’ai rendez-vous sur Paris pour une visite en très bonne compagnie !

Paris, la ville de lumière.

Des arts, des façades, des tours illuminés, des pontons éclairés, des nuits en mouvements, des artistes et des touristes, bref, après la nature, on se retrouve dans une vie trépidante comme nul par ailleurs. Un séjour de cinq jours est bien peu mais nous y avons trouvé les découvertes souhaitées. D’abord avec un petit studio dans le XIVè arrondissement, à deux pas du métro-Denfert-Rochereau, à quelques pas de tout. Tous les jours, nous laissons nos traces de quelques kilomètres le long de la Seine et de ses ponts, l’île Notre-Dame, les grandes avenues et les boutiques de plus en plus anciennes; c’est grandiose et éclatant pour les yeux ! Quel bonheur de faire ce trajet plutôt spontané avec ma copine. A notre arrivé, le temps se réchauffe jusqu’à 28C avec un soleil de plomb, mais le diesel deviendra un peu étouffant avec les jours. Il vaut mieux en profiter maintenant, même avec les foules de touristes qui se forment. Donc, dans le désordre: les Jardins du Luxembourg, le cimetière du Montparnasse, l’Université de la Sorbonne, l’église Saint-germain, le mont du Sacré-coeur, le jardin des Tuileries, le quai d’Orsay, la tour Saint-Jacques, Place de la Concorde, le musée de l’Armée. Avec, bien sûr, les arrêts-clé de ‘digestion’ et repos des pieds, dans les cafés convoités, et plus cherrant qu’en Espagne (3,40E à 5E le kaf !). Le temps passe vite et voici le moment de dire ‘au revoir’ au petit studio qui a été notre nid durant 5 jours. Ce retour aux sources m’a apaisé et je sens que le contact des racines fera grandir l’arbre dont j’avais un peu oublié la présence ! Vamos a la casa, comme on dit. ‘Le voyage en valait le café’ ! Merci la Vie !

 

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