L’année 2017 tire à sa fin !
Transitions, changements et bouleversements; telle était l’entrée dans la nouvelle année 2017. Des élections étranges et incompréhensibles aux États-Unis, des changements politiques en Afrique, et bientôt en Amérique du Sud, en Allemagne, en Italie, après l’Espagne, l’Argentine, le Brésil, où les droites emportent des victoires néolibérales.
Dès janvier, de nouvelles attaques, criminelles ou terroristes, dont celle du centre culturel de Québec où un jeune de 27 ans tuent 6 personnes et en blessent une dizaine à la fin de la prière; une vigile à Québec et à Montréal le 30 au soir, car nous n’y comprenons rien…Dehors, le temps s’est arrêté, froid et rugueux…et la neige fige sur les arbres qui craquent. Le temps s’écoule.
En mai, le temps est revenu en douceur, les sourires reviennent aussi; le cœur est toujours plus joyeux à cette période du renouveau de la flore, malgré les humeurs de ce temps qui semble en pleine mutation et les désastres causés à plusieurs endroits de la planète, dans les villes qui sont devenues fragiles, dans les zones de biodiversité, dans les lagunes, près des îles inondables où les peuples craignent. Je vais stopper un peu les nouvelles, souvent mauvaises, pour préparer une vacance dont la date approche.
Le périple était attendu ! je n’avais pas quitté le continent depuis plusieurs années et donc… 14 jours en Espagne et en France: des images fabuleuses, une exploration guidée par un ami, des discussions pointues avec des français parfois exaspérés à Paris. Après 4 vols en avion et un trajet de bus sur plus de 2,000 kms dans les terres espagnoles du nord et françaises par la suite, de très belles retrouvailles de cousins-es français-e-s dans le sud de la France…Bref, cela a porté fruit dans mes lointains bons souvenirs d’il y a 40 ans ! La mémoire est une belle faculté, qui rappelle.
A mon retour, je me remets au travail pour une exposition au café de DA dans mon quartier, et ce fut bien de m’énerver un peu avec pinceaux-couleurs et photos ! c’était plutôt heureux bien qu’elle couvrait un peu trop de sujets; c’est souvent comme ça pour moi, je devrai y travailler…
Ici, Montréal a bougé toute l’année pour son 375è anniversaire. Le Canada aussi, pour son 150è anniversaire. Les pays ont leur histoire, même oblitérée… Elles ne font pas toutes l’unanimité, surtout celle du Canada où les oublis et occultations sont nombreuses…nous sommes ensemble, mais chacun avec son individualité ! Les quartiers se sont animés partout, -de théâtre, de cinéma sous les étoiles, de marches avec contes et légendes, de projection holographiques sur grandes murales, de peinture en direct, et autres formes artistiques, pour le plaisir des yeux et des talents locaux! Un boum de talents et du goût de ‘vivre soi’ (sic); j’ai aimé la balade artistique de la paix, rue Sherbrooke, exposant Art, humanité et regards sur le monde. Plus tard, nous soulignerons la perte de l’artiste chanteur Leonard Cohen qui nous laisse de si belles sonorités !
Mais ce n’est pas la fête partout: dans d’autres contrées du monde, des bombes éclatent: Manchester en mai, Kaboul en juin, des hommes agressent d’autres hommes, des femmes et des enfants…On dirait un brin de folie qui ne se contient plus et que j’ai peine à comprendre. Les hommes prennent une drôle de tournure…comme de vieux singes en voie de disparition…
Au moins d’août, la problématique, pas si nouvelle, mais plus intense cette fois, de l’immigration forcée nous venant des États-Unis alimente bien des craintes, des peurs qui deviennent parfois phobiques, mais dont l’issue est encore incertaine; les hommes redeviennent-ils tribaux ? c’est-à-dire qu’ils ne cherchent que leurs semblables du clan….retour vers un futur antérieur (sic).

Aux Correspondances d’Eastman, 2017
Heureusement, mon envie de nature s’est transformée en désir littéraire et je suis parti à la découverte des Correspondances d’Eastman, dans la dite ville, aménagée pour 4 jours en ‘environnement de mots, de sons et de figures littéraires’. Un bonheur pour les sens et pour l’âme !
Sur le plan politique, c’est sans aucun doute le référendum de la Catalogne (le 1er octobre) qui a attiré notre curiosité (de Québécois !). On se demande bien ce qu’il va se passer maintenant, alors que le vote est sorti à 42% de la population avec un score de 90% pour l’indépendance ? Certains ont noté que malgré cette démarche, seul l’acceptation des autres pays compterait pour la reconnaissance d’un nouveau pays…ce qu’il ne s’est pas passé ! l’histoire se poursuivra donc jusqu’au 21 décembre…(et après). Ici, nous aimons bien raviver la fibre de l’indépendance, comme pour combler un petit vide laissé dans de drôles de circonstances autant en mai’80 qu’en octobre’95. On pourra toujours se rabattre sur les élections municipales de Montréal en novembre, où nos vœux anciens trouveront sans doute un écho favorable quoique seules deux grandes équipes se font concurrence; c’est peu de choses pour une vraie démocratie, mais on pourra se consoler de voir une nouvelle figure à la télé, avec de nouvelles idées !
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Le jardin Bigelow.
Le printemps…qui s’est fait attendre, est arrivé vers le 20 avril…je m’en souviens, il est passé entre le chaud et le froid, par un beau jour de mai ! A Paris, ils ont bien eu une petite canicule après notre retour de voyage le 4 juin pendant que nous, nous espérions l’été… qui est finalement arrivé lui aussi, et là, mon fort besoin de nature a motivé mes déplacements vers les espaces verts dont je m’ennuie à cette période de l’année. Ainsi, les promenades dans ma région natale: Magog, Knowlton, Bromont, le mont Orford, le mon Bellevue à Sherbrooke, le chalet de Georgeville; l’air doux de l’eau et de la forêt m’est toujours bon et me reconnecte avec un essentiel…un peu perdu dans la mouvance urbaine de la grande cité !
Puis, l’automne, tant annoncé, est tombé plus tardivement, avec ses chutes de températures de temps en temps et ses remontées extrêmes, pour nous rappeler les excès que nous faisons (sic). Mais heureusement, pas aussi fortes qu’aux États-Unis et dans les Caraïbes, balayés depuis juillet par de multiples coups de vent désastreux et destructeurs. Là, une grande pluie chaude en couleurs, sur fond de jaunes et d’orangers, de vert-pâle à vert-brunâtre, de vents doux. Une campagne comme je les aime ! à savourer, une heure à la fois…et pour (mieux me préparer…à) marcher au rythme qui grondera cet automne pour d’autres campagnes, telle « Une salaire décent à $15 l’heure » ! Et de fait, il y en a eu plusieurs, comme pour indiquer un momentum-clé de mobilisation populaire avant le prochain budget provincial, prévu en mars. Car on ne sait pas ce que nous réserve ‘la post-austérité’ ?

Goûtelettes sur l’horizon (automne 2017)
Puis, puis… c’est l’hiver qui se prépare. Au début de décembre, ce sont lectures et cours de peinture qui m’occupent. Écrits sur la rencontre de la COP23 sur le climat, tenue à Bonn du 3 au 7 novembre. Nous perdons un temps précieux, comme humanité ! C’est dommage que nous en soyons au même point qu’en 2014-15, c’est à dire que nos cibles de réduction ne seront pas atteintes…pourquoi? Eh bien, probablement parce que les efforts ne sont pas tous faits, individuellement et collectivement ! On achète, on consomme, on rachète, on re-consomme…bref, les riches de ce monde ne savent plus s’arrêter! Probable que les investissements enrichissent davantage les poubelles de l’Orient !
LU: Intérêt philosophique : un numéro spécial de Philosophie sur le Tibet – le Karmapa, le successeur du Dalai Lama, en exil en Inde depuis ses 15 ans. Intérêt politique: Hilary Clinton, (éd. 2016) sur sa vie, par un reporter écrivain: une femme forte somme toute, et c’est l’Amérique qui est en défaut dans les dédales du pouvoir. Intérêt social: le livre de Parinoush Saniee : Le voile de Téhéran (2004). Un roman très bien écrit, avec une description de la vie d’une famille en Iran, à Téhéran, dans un contexte de bouleversements politiques des années ’70. Pas trop surprenant qu’il ait été censuré dans ce pays à sa parution. Fin décembre, je débute celui que je désirais le plus: Homo Sapiens, de Harari (2011); pour peu qu’il nous reste un peu de sapiens…
AIMÉ: une conférence photo chez LL Lozeau sur la photographie en N&B; pour me réconcilier avec une vieille pratique. Le superbe film Demain (du 20/04 à TV5) sur les solutions pour un monde meilleur ! La balade de la Paix, durant les festivités du 375èMtl sur la rue Sherbrooke, où des magnifiques photos et sculptures illustrent les réalités contemporaines de la pollution mondiale, de la migration forcée, des cultures et des peuples à apprivoiser. Le spectacle des 20 ans de la Coalition Eau Secours NIPI, le 27 octobre au cabaret Latulippe, avec une dizaine d’artistes aux voix des diverses Nations qui composent les peuples sur le territoire, certaines racines se touchent sous la terre. Quelques mots d’Obama, dès le début de la nouvelle ère républicaine aux Etats-Unis, repérés en janvier 2017:
« Ne craignez pas l’avenir mais restez vigilants, car la démocratie n’est jamais acquise.
Ayez confiance et croyez non pas en moi en vous-mêmes.
Vous êtes ici, et nous devons protéger les acquis des pères-fondateurs pour notre nation.
Nous avons eu certains succès mais il reste du travail à faire pour continuer les mesures pour l’ensemble des citoyens américains.
Entre vous, entre nous, regardons nous entre égaux et non entre races, avec les hommes et les femmes, les réfugiés, les immigrants, leurs enfants, qui ont fait notre pays« …………Un baume au cœur !
VU: les films de gars: -Star Wars Rogue One, en attendant l’autre fabuleux ! ‘Surviving Canada’, un documentaire sur les peuples oubliés dans l’histoire présentée du Canada lors de ce 150è de la confédération. L’Arrivée, de Denis villeneuve. Ce talentueux réalisateur qui nous emporte dans le monde des contacts (extra-terrestres…) où le décryptage des langages sont importants pour toute bonne compréhension de communication. Une leçon pour les humanoïdes que nous sommes. ‘Le Théâtre de la vie’, (ONF, 2015) sur les grands chefs en Italie qui ont fondé une cafétéria de cuisine avec des surplus de l’exposition de Milan de l’été 2015 pour nourrir des personnes sans-abris et des réfugiés ! L’idée va maintenant se répandre ! … la très bonne exposition du World Press Photo 2017 (au marché Bonsecours) qui, malgré son aspect assez ‘compétitif’, me remplit d’inspiration visuelle par ses moments figés qui deviennent des clés d’histoire; et puis, en décembre, la superbe exposition: Une brèche en toute chose-2017 de Leonard Cohen au MAC de Montréal où j’aurais pu y passer plus de deux heures…trop vite, et à revoir l’an prochain.
En fait, les LU, AIMÉ et VU ont tous captés mes sens !

LE TEMPS (3/01/18)
Il s’est arrêté, il est de ce désir inconscient de tout stopper, le temps d’une pause sans posts, sans écran, sans pinceaux, sans débats, le temps de passer outre à ce qui règle nos vies et nos petits bonheurs. Je l’arrête, pas comme je le veux, mais comme je le souhaite, pour respirer l’air frais qui s’écoule, les parfums de ma blonde, les humeurs de ma mère, les sourcillements de mes sœurs, l’air est bon. 2018 vient à peine de murmurer.