Archives Mensuelles: décembre 2018

Journal d’Espagne, la Galicie et la bruine

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La route en avion était assez longue, entre Montréal, Zurich et Porto pour ces deuxièmes vacances en Espagne, c’était le moyen pour découvrir la ville de Zurich pour une douzaine d’heures. Je n’avais pas pensé que j’y arriverais un dimanche à 8h00. De l’aéroport à la gare centrale du vieux Zurich à l’entrée du lac de Zurich, 4 stations de métro, puis c’est le ravissement, je suis ailleurs ! Inutile de dire qu’il n’y a pas grand chose ‘d’ouvert’ par un beau dimanche, sauf les paysages le long des canaux qui mènent au lac. La citée montre son côté de grande richesse, et lorsque le café, ma drogue du matin, me revient à 5CF (franc suisse), je l’apprécie pour au moins 30 minutes.DSC_9355

Puis, départ à 17h00 pour Porto et la suite se passe sur la côte ouest espagnole, en galicien !

Le copain hôte m’accueille et nous préparerons au jour le jour nos excursions tout autour, il y a beaucoup à voir et j’aime l’histoire, alors ‘Vamos’ pour une dizaine de jours.

Je connaissais peu Pontevedra et donc mes premières marches se font pas à pas, du côté de la vieille cité, avec ses rues piétonnières, ses églises, ses marchés publics, ses cafés et tobaccos, et quelques touristes locaux qui commencent à profiter du beau temps. La température est moins chaude que lors de mon départ de Montréal, entre 14C la nuit et 16-19C le jour; nous sommes sous une bruine constante sauf quand pointe le soleil pour un petit quinze minutes très apprécié. Mes pieds se promènent tous les matins, entre les basilique Santa Maria, San Bartolomeo, la basilica de la Peregrina, le café Stratos, la bibliothèque municipale, les ruines d’une très ancienne église, le rio de los Gafos, le parvis de l’allée centrale Alameda.

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Ruinas de Sto Domingo, Pontevedra.

 

Et nous parlons, des Galiciens, de l’histoire des conquêtes, des conflits avec l’Espagne entre le Xè et XVè siècle et de politique nationale. J’y apprendrai qu’il y a eu d’importants conflits avec l’Espagne de la régente Isabelle de Castille, que la Galicie a été envahie par les Celtes, qui ont repoussé les Vikings sur la côte ouest…Je vide mon esprit pour mieux m’imprégner de ce magnifique environnement, car 10 jours, ce n’est quand même pas si long! Dans les jours qui suivent, nous faisons les villes de Marin, Caldas de Reis, à l’intérieur de la Ria De Arousa, vers le nord.

Au Parque arqueoloxico da Arte Rupestre de Campo Lameiro, la visite est sous le soleil, pas vu depuis 2 jours, et nous marcherons dans l’espace aménagé en petits sites, marqués de stelles et de pétroglyphes, là où les traces des Celtes témoignent de leur conquête, et datant des IIIè et IIè millénaire B.C. Fascinant !

 

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Stèles au Parque Arqueoloxico, mai 2018.

Comment imaginer le travail de pierre-sur-pierre pour illustrer le mode de vie, les croyances, la survie ! pour le futur. Des travaux qui sont maintenant des œuvres et des traces immuables des prédécesseurs à l’Âge du Bronze. Nous continuons notre route, mais après avoir dégusté une super pizza aux anchois et une Estrella ! au village voisin.

Retour par le N-550 sud, la route suit le relief montagneux de la Galice, collines et vallées, bord d’océan font en sorte que le ciel change vite de couleurs, il peut s’embrumer en quelques minutes puis c’est l’heure du paragua (parapluie) quand ça tombe !

Je me prépare car je pars bientôt pour 4 jours à Santiago de Compostelle (St-Jacques); j’avais préparé quelques notes avant mon départ de Montréal mais tout est resté sur près de l’ordinateur, je refais donc mes devoirs pour avoir une belle randonnée. Nous quittons le 4 juin sur la route vers St-Jacques, à environ 100 kms de Pontevedra. Un peu de pluie, un peu de bruine, un tantinet de soleil. Nous trouvons le logement familial où j’ai réservé, à 30 minutes de marche du ‘vieux’ Santiago. J’y pensais depuis si longtemps que ai le cœur en vrille ! Au début, je songeais faire le chemin qui mène au bout des caminos vers Muxia, dans le Finistaire, sur la côte ouest, là où la rumeur dit que les pèlerins déposent leurs vieux apparats après le pèlerinage. C’est à 90 kms…mais ce sera pour une autre fois, lorsque mes genoux se porteront mieux. Déjà, sur place, il y aura tant à voir !

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la cathédrale de St-Jacques, côté nord, 2018.

J’ai 3 jours complets devant moi, et donc, je pars rapido de l’Avenida de Rosalia de Castro vers le Parque de Alameda, un parc immense un peu en hauteur, surplombant la ville et constitué des grands arbres de la Galice; les sentiers sont magnifiques et mes yeux tournoient à la vue de cette nature généreuse.

 

 

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Arbres du parc Alameda

Au parc Amaleda, une affiche indiquant qu’il y aura une manifestation le 10 juin contre un projet -existant- d’une minière extractive; cela me lie aux ami-es du Québec qui luttent contre l’exploration et l’exploitation extractive…photo-clic! Je poursuis le contour du parc sur 3 kms avant de pénétrer dans l’enceinte du vieux St-Jacques. Les anciens bâtiments, toujours debout, témoignent de cette histoire de St-Jacques apôtre mais aussi des premiers régents (rois), des pèlerin-es qui ont fait les ‘caminos’ en partant du Portugal, du sud de l’Espagne, de l’Est ou du Nord via la France. Le centre est envahi de touristes-pèlerins qui portent le sac à dos, le poncho -paraguas- ou le bâton de pèlerinage avec, en gravure, la coquille de St-Jacques. Un habitant me disait qu’actuellement, ils sont plus de 120,000 à marcher dans les sentiers de Compostelle chaque année. Je pratique donc mon espagnol et mon portu-gnol, langue prédominante en Galicie.

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Bassin dans l’Office des pèlerins, St-Jacques

Puis, je fais le contour de la vieille partie par l’extérieur par la Rua dos Carretas, Costa de San Francisco, Rua dos Rodos, et Rua da Virxa da Certa, près des marchés publiques et de l’Université de Santiago. Entre ces espaces, les ruelles sont plus petites et sous la pluie, les gens se cachent sous les proches et les arcades des bâtiments; ces lieux permettent alors les causeries du coin, entre connus et inconnus (comme je suis).

Le pèlerin poursuit son chemin à la croisée des vestiges du temps passé et en cours, pour voir d’autres contrées et leurs beautés.