La marmotte frileuse, en 3 actes.

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Une vieille marmotte fait le printemps !

Tout le monde la connaît, on l’attend régulièrement, de façon constante, le 2 février, pour ses prédictions, à demi vraies, à demi fausses. On est bien heureux de savoir sur quelle patte elle danse. J’avais débuté son histoire vers la mi-janvier, dans un moment fort de tempête et je rêvais de soleil. Je l’avais trouvée mal en point, car à peine sortie de son terrier, elle s’était collé le museau sur un poteau de métal; elle était donc à demi sortie du sol, et à demi dans son terrier. J’étais aussi occupé à autre chose, de sorte qu’elle a pâti un peu de mon abandon. Ce récit s’étale du 7 janvier au 3 février, date du deuil de sa prestation.

 

« La marmotte frileuse », Acte III, scène 4.-Je sais, j’ai mis tout un temps avant de revenir sur sa situation déplorable. J’étais un peu occupé à faire des recherches sur ses origines et surtout, sur sa longévité, car Phil a la couène dure. Il semble que la validité de ses prédictions soit autour de 37%, ce qui nous fera une belle jambe ! Sur le site de la ‘marmotte’ (oui, elle a un site web  ), on dit qu’elle ne vieillit pas, mais à la vue de son pelage, j’ai comme un doute. Bref, comme je le disais la dernière fois (il y a environ 8 jours), j’ai su que de bons samaritains sont passés en Pennsylvanie, ils faisaient de l’exploration pour de futures forages de gaz de schiste quand ils ont aperçu un demi corps de fourrure à la surface d’un terrier, et un museau, à peine collé sur un poteau de métal, en l’occurrence : un poteau indiquant ‘le Sud’ pour les voyageurs égarés aux Etats-unis. Bon, on peut se demander qu’est-ce qu’on irait faire en Pennsylvanie (?) mais faut croire qu’on peut s’y perdre (!). Bref…comme tout bon explorateur de territoires encore inexploités (sic), ils avaient une torche (au gaz) et s’en sont servis pour chauffer délicatement le poteau par le haut. La marmotte sentait bien cette douce chaleur qui allait peut-être lui permettre de prendre congé de sa fâcheuse posture. Et effectivement, après quelques minutes de réchauffement, elle put libérer son nez…quel soulagement ! Maintenant qu’elle peut retourner dans sa tanière, elle doit reprendre du poil de la bête pour -sa descendance d’abord, -puis, pour se préparer pour le 2 février, sa grande sortie publique et ainsi faire peau neuve (si l’on peut dire…). L’acte 2 se termine ici, et je sens que j’aurais pleins de surprises à vous conter dans 6 jours sur entre autres: les croyances populaires, les nôtres, les vôtres, celles des marmottes (qui seront brèves je pense), une fois la sacrée tempête de neige (qui s’annonce, grrrrrrrrrrrrrr) terminée. Le temps passe, le temps se réchauffe, sauf aujourd’hui (sic) et peut-être que Phil et ses amis seront un jour sur la liste, toujours plus grande, des petites bêtes en voie de disparition. Pour nous, attentifs au jour de la marmotte, ce sera vraiment triste. J’adore les marmottes 

——————————————————–(27/01/19)

Acte 3, scène 1.-J’aurais du changer mon titre et l’appeler ‘la marmotte enragée’, elle est un peu frustrée depuis quelques mois. On a de grandes attentes face à elle. Et elle vient à peine de revenir dans son terrier. A priori, elle n’est engagée à rien, sinon de faire signe une fois l’an, quand bon lui chante. Mais avec les années et quelques bouleversements dans la nature, son désir s’est transformé en besoin. « Que va-t-il se passer! se demande-t-elle, « quand je ne pourrai plus creuser mon trou à ma guise… ». Cela peut sembler égoïste, mais il n’en n’est rien. Elle a constaté que le sol où elle creuse devient plus sec et de temps en temps, elle tombe sur cette poudre noircie, qui sent le souffre et que quelqu’un, quelque part, va venir chercher : le charbon. Elle voit des mineurs partout qui cherchent, comme des fouines, la richesse des sols. Pas si folle la bête ! Elle doit donc, comme beaucoup d’autres ami.es, chercher toujours plus loin, plus creux, pour protéger sa peau et celle de sa famille. Pas étonnant que son poil ait vieilli, ses yeux aussi. Elle ira donc raviver ses muscles endoloris, son dos courbé, pour mieux nous en faire voir en février. Son rythme sera fait de siestes mexicaines, de repas moins viandeux, moins laitiers aussi…à cause de son voisin: le Canada (sic) et aussi à cause de ses bébés, devenus …vegan. On ne sait pas où ils ont pris ça, mais tout bon parent sait qu’il aura à s’adapter aux nouveaux menus des bistros du coin; elle fera sans doute un peu de yoga-yogi pour replacer ses esprits qui en ont pris pour leur rhume dans les 10 derniers jours, avec un pansement sur le museau. Bon, ça l’empêche de sentir l’air un peu, mais au moins, elle ne va pas s’enrhumer (!). Son petit côté ‘ours’ va la mener directement sous la douillette, pour quelques jours au moins.

Acte 3, scène 2.-‘La marmotte récupère’- Elle se sent mieux, le vent passe et le soleil sort; les jours rallongent. En Pennsylvanie, les temps sont plus doux. Ça valait la peine de trouver cette affiche indiquant le Sud près de son terrier. Près de chez elle, elle a trouvé quelques haricots et quelques vieux maïs en rade, des pommes de terre aussi; ce n’est pas très vegan, mais ça fera l’affaire d’ici au printemps. A plusieurs mètres de l’endroit où a eu lieu sa mésaventure, elle voit poindre quelques camions et des hommes installent déjà les antennes et les caméras sur de gros trépieds. Ça annonce un grand événement, « peut-être un tremblement de terre » se dit-elle. Ou bien la venue d’un grand homme venu pour l’admirer et lui dire qu’on compte sur elle pour nous dire l’avenir…Les hommes (désolé de ne pas féminiser!) ont tant besoin d’être rassurés.

Acte 3, scène 3.-‘La marmotte réfléchit’.- Son rythme de récupération va bien. Le dernier rendez-vous médical l’a rassurée: mis à part un peu de stress, elle va mieux. Mais elle réfléchit…Depuis les déboires de sa sortie précoce ce mois-ci, elle se demande pourquoi une telle obligation (?), ‘pourquoi faire plaisir à tout ce monde qui se fout un peu de l’avenir’ pense-t-elle. Elle, qui souffrait tant durant 6 jours, personne ne l’a vue (sic). Et en fait, les bons samaritains libérateurs n’étaient que de vulgaires prospecteurs à la recherche de terres riches, de mauvais gaz et de pierres brillantes. Elle qui ne demande qu’à faire revenir le soleil, pour le bonheur de tous. Car une marmotte, comme d’autres bestioles de son groupe ne cherche que le bonheur d’autrui; c’est bizarre un peu mais la Nature fait bien les choses quand même…Ses origines ne lui permettent toutefois pas de penser plus loin; la survie de ses petits et de son environnement lui suffisent amplement. Aussi, il faudra sans doute trouver un autre terrier, un peu à l’abri de ces maniaques de richesses, dans les montagnes, près des cimes. Ça arrive parfois qu’une marmotte se prenne pour un oiseau, comme pour nous d’ailleurs (sic). Mais d’ici, elle se préparera pour la grande sortie, le spectacle que tout le monde attend; donc, aller chez le coiffeur (pour animaux!), teindre le pelage, faire un autre lifting, consolider les supports du terrier, faire les achats bio pour 3-4 jours…(oui, les médias sont exigeants face à ce phénomène !), nettoyer la cuisine en vue de festoyer (selon ses prédictions et les ovations publiques), bref, il ne reste que peu de temps. En mai, une fois le soleil bien haut, elle choisira peut-être la route du Sud, suivant les indications qu’un cow-boy a laissées. Elle sent bien que la Pennsylvanie change de climat; elle s’interroge sur sa copine au Canada : est-elle dans le même pétrin, pense-t-elle. Mais le climat n’est pas sa seule préoccupation. Elle n’aime pas tellement le nouveau dirigeant de son territoire, l’homme au toupet jaune (bon, elle a droit à une opinion malgré tout…); lui qui a permis de nouvelles explorations minières et gazières sur tout le territoire, lui qui veut mettre des murs partout, de sa cours à la frontière; ce n’est pas très sympa pour les animaux nomades, qui devront s’équiper d’un sac à dos bourré de paperasses, juste pour aller saluer ses copains. Heureusement qu’elle ne fait pas de politique :-)…

La marmotte est aussi très tenace, comme tous les animaux de classe, elle a une bonne posture et un caractère de chien, ce qui décuple sa capacité de survie (euhhhh…). De plus, elle est démocrate, même si elle n’y croit pas pantoute ! Elle se dit que peut-être, avec une marmotte comme présidente, son sort serait mieux (les marmottes rêvent comme les éléphants, un jour à la fois !). On a beau dire, même les plus petites bêtes nous en font vivre…

Acte 3, scène 4.-‘La marmotte fige la veille de l’avant-veille’.-

(6 mars).-« La marmotte frileuse », acte 3, scène 2.- On va y arriver, bientôt, on ne parlera plus d’elle quand il fera chaud à crever, sauf si on voudrait la maudire (!). Depuis le 3 février, date mémorable du calendrier des agriculteurs, elle est bien occupée tout de même. Entre les léchages de poil -sa toilette quotidienne- et la bouffe aux petits, elle, la chanceuse, a reçu la visite des cablo-distributeurs (euh….) et la voilà ‘branchée’ ! ou connectée si on veut, ‘in’ c’est encore mieux !! ça prend quand même un temps fou pour suivre l’actualité: celle de son pays en pleine tourmente morale et psycho-sociale de son gouvernement (je parle de ‘Phil’ aux E.U. !), celle du pays ami -le Canada- qui n’en finit pas de rougir devant les caméras, et les pages des chums sur FB qui sortent de leur torpeur hivernale. Alors, vous comprendrez que depuis un certain temps, les migraines sont récurrentes. Heureusement, dans le monde souterrains des bêtes-de-sol, la politique n’existe pas. Seul les plus forts survivent et s’occupent de leurs business…les autres font comme les cigales (sic).|| Quand même…les migraines sont douloureuses pour tout le monde, incluant surtout le monde animal. Dans les corridors de son terrier, il y a des fils partout: pour le téléphone, dont elle ne sert pas. Pour le modem et le router de la télé, et, pour le tissu social du net, dont elle acquiert le savoir-être. Tout un défi pour son cerveau qui rapetisse, avec l’âge (!).

Mais bon, le printemps ne peut pas ne pas arriver, sinon, ce serait contre-nature, comme on dit chez les environnementalistes de l’éco-système endogène dans lequel nous vivons ! Avec l’âge et selon son humeur du jour, la marmotte regarde autour d’elle et elle trouve que le monde est bien affairé. On ne sait pas trop ce qu’elle veut dire par là, mais ça semble pas simple du tout ! peut-être que l’envie d’aller ‘voir ailleurs si j’y suis’ est plus fort que l’envie de faire du ménage (euh…?!). Ça doit être ça un ‘changement climatique’…(pour le peu qu’elle en sait).
C’est probablement le temps de prendre sa pilule avant de sombrer dans un délire…qui pourrait s’éterniser. Mais comme elle n’est pas très friande pour renouveler son ordonnance (dont on lui charge 3 fois le prix (!), elle envisage plutôt une vacance…

Acte III, scène 5.- Il est tard, la Marmotte frileuse attend encore le printemps, plus de 7 semaines après s’être gelé le museau à l’extérieur de sa tanière. Depuis qu’elle a été branché sur le net, et que des fils traînent partout dans son chez-soi, elle passe quand même du bon temps en lisant les nouvelles, qui changent de jour en jour, ce qui n’est pas de tout repos…Aujourd’hui, 27 mars, elle est plutôt réflexive, donc voici ce que ça donne (quand on a un hamster qui ne dort pas…).

  • le 22 mars c’était la journée de l’eau, mais c’est pas encore la mer à boire.
  • bien sûr qu’il faut se presser, mais à petits pas

Chez elle, le ménage est en cours; c’est de bon aloi que de faire son ménage de printemps. Et son tunnel devient de plus en plus petit car elle souffre du syndrome de ‘l’entassement’ (je vous épargne les détails…). Trier et ranger ne se font pas sans heurts dans son amour propre pour les vieilleries qui sont emplies de souvenirs. Un jour, se dit-elle, faudra mettre tout ça par écrit, pour les générations futures (s’il y en a…) ou bien, pour le cas où elle est sélectionnée pour aller faire un tour sur la Lune, comme les humains le souhaitent, à nouveau (ce n’est pas moi qui le dit).

L’eau coule et remplit les rivières à ras bord, la marmotte frileuse, craignant les débordements canadiens (sic!) est à préparer des sacs de sable pour entourer son trou d’entrée de 1 mètre carré; c’est sûr qu’avec seulement deux pattes, ça va lui prendre encore quelques jours. (à suivre…)

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