De 2012 à Rio de Janeiro+20, le Sommet des peuples.

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Juin 2022.- Nous étions des centaines, des milliers à converger vers le Parque de Flamengo, Praia de Flamengo, près du quartier de Catete, en délégation de découverte et de participation au Sommet des Peuples de Rio+20 au Brésil, du 15 au 23 juin 2012. Il y a 10 ans, c’était aussi la conférence des Nations Unies sur le Développement durable. Un 3 ème grand rendez-vous sur la bio-diversité et le développement durable ‘nouvelle mouture’. Le thème portait sur la ‘Nouvelle économie verte’, une expression dont on se souvient aujourd’hui encore, mais pas pour de bonnes raisons.

Nous voulions être là, nous devions être là, avec les habitants des communautés du Brésil. Un pays relativement bien positionné à l’échelle mondiale et dont le gouvernement cherche tout de même à exploiter ses richesses naturelles: dont celles de l’Amazonie. 

Nous étions 350 du Québec parmi les 55,000 participant.e.s. venus de nombreux pays du monde. Les syndicats, les écologistes, les éco-féministes, les militant.e.s. porteuses de voix locales. Près de la mer, le long du parc, des centaines de chapiteaux, au milieu des arbres, des étangs, à proximité du fameux -pain de sucre-. Nous étions, et moi inclus, devenus des éco-anxieux. Car, depuis la 1ère conférence de Stockholm de 1972, puis le grand sommet de la terre sur la bio-diversité de Rio 1992, il y a de quoi être apeuré. Durant toute la semaine du 15 au juin, j’ai arpenté les rues tout autour, les yeux écarquillés devant les couleurs de la ville, dans les parc, sur la vie nocturne animée, dans quelques lieux symboliques, à l’écoute de ce qui se tramait, entre la vie quotidienne et l’angoisse d’un futur indéterminé. Bien sûr, pour une première, c’en était toute une ! Entre les soupers de contact, les rencontres d’échange multi-langages, les textes à préparer pour Montréal, et une visite surprise avec les groupes syndicaux, à 40 kms de là, là où avait lieu la conférence des chefs d’état de la Conférence, après être passé par l’hôtel où était hébergé notre 1er ministre Jean Charest.

Les mots inspirants ne manquaient pas, les découvertes de la ville non plus. Comme l’escalier du célèbre artiste Sélaron, le Musée national de Rio, les arbres et les plantes du Parque de Flamingo, le fameux Cristo Redentor perché sur la colline surplombant Rio. 

Et surtout ! les artistes, les militant.e.s. qui luttent pour leur environnement, comme chez nous du reste, avec vigueur et ténacité, sur les bords de la plage, entre les arbres, avec toiles, peinture et slogans, témoignages vibrants des réalités locales, au Brésil mais aussi au Pérou, en Bolivie, en Équateur, au Mexique (etc). Tous les jours, des groupes marchaient en groupe autour du parc, tantôt des femmes pour la protection des océans, tantôt des autochtones de diverses communautés pour leur territoire -loin en Amazonie, là où ont eu lieu des forums sociaux, à Belem en 2009 entre autres- . 

Et pour la suite !

Les enjeux soulevés lors de ces rencontres touchaient les migrations forcés, les changements climatiques et leurs impacts, l’autonomie des peuples et de leurs territoires ancestraux, la violence sociale sur les femmes et les enfants, la destruction des animaux de la faune, l’exploitation des travailleurs migrants, le capitalisme moderne toujours puissant, le patriarcat dominant, entre autres. Ces enjeux sont encore toujours d’actualité.

Depuis ces années, on peut suivre les suites de ces grands mouvements, les mobilisations populaires ont fait des petites et grandes vagues, toutes aussi importantes les unes que les autres; on peut penser, ici aux:

  • Mouvement Elan global:
  • les Altermondialistes
  • aux grèves étudiantes depuis le geste de la jeune Greta Thurnberg en Suède, en 2019 :
  • aux forums sociaux locaux: au Saguenay, à Sherbrooke, en Outaouais, à Joliette:
  • au Forum social mondial-Montréal en août 2016:
  • aux autres forums mondiaux: dont la Tunisie en 2013 et 2015, le Mexique en mai’2022 
  • Au collectif Transition juste en 2021
  • Et toutes les initiatives en agriculture urbaine dans les villes du Québec, dans les quartiers, dans les ruelles.
  • Les actions de reconnaissance et de dialogue des Peuples autochtones, de leurs cultures, de leurs revendications et de leurs souffrances passées.
  • L’implication des syndicats dans les alliances internationales avec les travailleur-euses migrant-e-s et dans les milieux d’exploitation.
  • Les mouvements étudiants des écoles, des collèges, des universités pour soutenir les luttes des femmes, les nouvelles solidarités locales et nationales,
  • et tant d’autres…

Les ondes, lentes et vibrantes, de ce genre d’événement se sont répercuté en grand nombre, sur tous les continents, certaines sont plus visibles que d’autres. Aujourd’hui, les ‘fourmis’ dont Chico Whitaker (du Brésil) a souvent parlé -pour piquer Goliath- sont à l’oeuvre, chacune ou par colonie, dans tous les aspects de la vie sur la planète, et souvent là où leur vie est en danger. Mais nous sommes toujours là, et les jeunes générations sont là pour témoigner de la colère qui gronde.

  • En guise de références, on peut consulter et lire : Journal Alternatives, rabble.ca, wsf2012, certains site en espagnol et en portugais, des encarts dans Le Devoir, La Presse et autres quotidiens locaux au Québec.

Au passage, je salue les gens du YMCA Centre-ville de Montréal qui m’ont permis cette exploration terrestre dans un pays lointain et les altermondialistes et militant.e.s. d’ici et d’ailleurs qui luttent pour les droits humains et ceux de la planète.

Saludo ! Kwé !

https://www.ledevoir.com/environnement/352859/sommet-des-peuples-pour-poursuivre-la-lutte-en-faveur-d-une-justice-sociale-et-environnementale

Sources: https://www.pressegauche.org/DELEGATION-QUEBECOISE-AU-SOMMET-DES-PEUPLES-DE-RIO-20-17-JUIN-2012

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