Archives Mensuelles: janvier 2023

Un adieu à l’an deux mille vingt-deux-reprise

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Un hiver, comme on l’aime ! Une année prend fin

Des rafales à l’horizontal

Une pluie froide qui dégèle tout au passage

Des flocons gros de diamants qui scintillent sous les lampadaires

Un danseur qui swing au son de « Singing in the rain… »

Les chaumières à peine éclairée d’étincelles miniatures et colorées

Où parfois, il y a une crèche sous un toit de chaume et de brindilles

Comme au loin, dans un désert bleu sombre

où les chameaux vont, éclairés d’une brillante étoile;

C’est la légende qui dure: la Naissance ou renaissance

comme on aime à le dire, et à le croire.

Qu’aurai-je fait en cette année chargée?

parfois, l’impression est celle du devoir acompli,

quelques fois avec ses manques, ses vides, jamais comblés.

Il y aura eu des marches manifestives, une corvée de nettoyage,

des soirées de festival au grand air, des excursions amicales, des festins nourriciers,

des câlins appréciés, des sourires en coin et clins d’oeil sympas,

des extases devant la nature, toujours en changement, du printemps pluvieux

à cet hiver qui commence de la même façon.

Il y aura eu des moments plus douloureux, des souvenirs d’amis devenus des fantômes de l’au-delà,

de parents dont l’image parfois devient floue, ou de peuples victimes de despotisme militaire.

Il y aura eu des fêtes populaires, et des retrouvailles de vieux potes en grande foule,

pour les grandes occasions de l’année: le climat, l’enviornnement, les élections au Québec,

la COP 27 et la COP15, quand des milliers font que l’on n’est plus seul.

Il y aura eu les tourments extérieurs, comment ne pas en être sensible,

comment ne pas avoir envie, parfois, de pleurer doucemen,

lorsque le monde bascule dans l’obscurité;

quand les victimes se comptent par dizaines ou par millions, selon les lieux et les contextes;

Comme si la planète devenait trop petite pour notre grand nombre.

Les dernières années ont forcé la réflexion sur notre « relation au monde »,

comme dit l’ami Boukar Diouf; même si l’on déteste ça.

Il semble normal que l’on puisse être en joie et en tristesse, dans le même temps.

Cela dépend de ce que l’on regarde, de ce que l’on sent, et de ce que l’on entend,

telle image, telle musique, tel syncronie ou dysfonction, selon l’harmonie du moment.

Cela explique mes humeurs, tantôt maussades, tantôt créatives, dans ce mélange inhabituel.

Entre la disparition des monarques et des grenouilles faux-grillon, celle des caribous et des ours polaires,

Faudra-t-il vraiment aller vivre sur la Lune, austère, aride et sans faune ni flore !

J’aime mieux rêver d’un étang tranquille, oû les roseaux cotoient le chène, les herbes hautes,

les fleurs mauves et les patineuses.

C’est sans doute le temps de laisser les veilles rancoeurs fuir au loin,

comme les tristesses insolubles, figées dans des rides sur les joues.

Le coeur n’a pas la discipline de l’esprit,

il sautille et vibre aux sons du jour ou selon l’image devant.

Au son des autres aussi, les absents comme les présents, les proches et les lointains,

c’est là que je vois les montagnes, foncées devant, plus claires derrière,

car il y a un soleil couchant, jaune orangé, un peu brumeux sous les nuages.

L’année nouvelle débute, c’est parti. (HCB, 3/01/22).