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À propos de Plume2011

Amateur de nature et d'arts. Participant aux mouvements sociaux et civils pour les droits humains et de l'environnement. Ecriture, dessin, peinture, photo, expositions, auto-didacte.

La Marmotte frileuse, Acte III, scène XIII !

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C’est le Nouvel An et j’ai enfin retrouvé la petite bête recherchée, alors voici : La Marmotte frileuse; Acte, scène 13 (euh…à peu près…) !

Entre avril et décembre de l’année écoulée, beaucoup d’eau et de glace et de pluie et de verglas a coulé sous les ponts. J’attendais avec impatience ce moment pour la trouver et voir un peu où en est son environnement : la Pennsylvanie ! Pour elle et sa marmaille, il y a eu de nombreux changements…climatiques, politico-religieux, socio-culturels, j’y reviendrai. Sa famille a beaucoup changé aussi, les deux plus vieilles (marmotte c’est féminin !) ont quitté pour un terrier plus au sud et un peu à l’abri des vents gaziers (non, ils ne viennent pas de ‘schistes’ !), c’est pas loin, mais pas plus cher qu’à la maison ! Si jusqu’à maintenant, l’habitat-terrier était relativement peu cher, la vie autonome l’est pas mal plus. Au moins, elle est à un jet de pierre de sa marmaille.

Au bord de l’eau, l’hiver.

Les changements sont devenus pour elle un vrai cauchemar et heureusement que l’année s’est terminée le 31, elle a pu prendre une pause d’écoanxiété durant la nuit, jusqu’au Jour de l’an au matin. C’est aussi grâce à sa connexion internet qu’elle arrive à suivre l’actualité sans trop de déplacements; résultats: son taux de cholestérol est en hausse, mais elle est plus informée, donc plus ‘indignée’ et plus ‘écoanxiogène’ (ça va de pair, semble-t-il). De sa bouche tout sort en vrac, j’ai donc la tâche difficile de mettre tout ça en ordre (enfin…).

Quand il y a du courant (!) et que les oreilles de lapin de la télé sont bien alignées, elle écoute ce que la télé lui raconte et ce n’est pas toujours réjouissant: feux de forêt en Californie, tueries dans les écoles, les dépanneurs, les hôpitaux. Y’a des fous partout, même chez elle; c’est dommage que les hôpitaux si soient bondés (sic). Et ce n,est pas mieux dans les pays du monde: les volcans qui se réveillent, les séismes qui déplacent des continents en entier, les inondations subites, bref, c’est la nature qui reprend ses droits, ou qui respire…ce qui n’est pas plus mal. Elle se demande toujours comment les hommes s’en sortiront (?!).

L’actualité canadienne l’intéresse aussi, car après tout, sa voisine à pattes (quelque part dans les Prairies) fait aussi la manchette en février. Une saine concurrence, pense-t-elle. Elle a, entre autres choses, suivi avec attention l’expédition de la jeune Greta, de Montréal à Vancouver, quel engouement pour sauver la planète ! Il est temps que l’on se réveille si on ne veut pas tous finir dans l’Arche de Noé, à voyager longtemps longtemps en mer. La surenchère de la consommation atteint son paroxisme à la période des fêtes. On achète trop, on déballe trop, on mange trop (d’où l’obésité…), et on jette trop. Quand au recyclage, c’est nettement insuffisant pour diminuer son empreinte écologique (c’est pas moi qui le dit !). La science nous révèle des trucs un peu indigestes mais qu’il vaudrait apprendre…à digérer, sans quoi, ce sera un vrai purgatoire ici bas (et vlan !). C’est ti le lemming qui a des comportements suicidaires (euh…)? (cours de biologie du Sec.V, version 1972).

Sur Terre, il y a quand même d’autres pays où ça a bougé aussi: la France et ses gilets jaunes, les hong-kongais.es, les jeunes iraniens, les chinois, on dirait une multitude de révolutions, mais pourquoi -et surtout- pour quoi? C’est assez incroyable de constater l’appétit féroce des hommes pour son ventre et son cerveau : technologies, fast-food, bidules à plugger, maison ultra moderne, voyages sur la lune ou dans la stratosphère…etc etc etc. Comme dirait Yuval Noah Harari (un pote à nous!), quand l’homme se prend pour Dieu, c’est plus qu’une course à l’échalote, crotte de marmotte (!). Le pourquoi vient de l’analyse de la motivation, le pour-quoi, c’est dans quel but: le matériel ou à un autre niveau…hum ! Bonne question pour cogiter un autre hiver.

J’ai pensé un moment que cette vieille bête commençait à déprimer, ce sera dommage de perdre une conscience si aigüe de la réalité (hein?). Je lui ai donc proposé un peu de Walt Disney, histoire de ne pas déprimer pour le reste de sa vie (elle doit avoir au moins 20 berges (x 3 ans =à la veille de sa retraite !). Après tout, elle a de beaux enfants même si sa femme est partie au loin (oups, un autre chapitre à venir…) et la vie en campagne est quand même agréable: une superbe forêt d’arbres forts et vigoureux, deux ruisseaux clairs à proximité, un soleil radieux huit mois par année (c’est pas comme ici…), 10 cms de neige au max par hiver (hum…pas sûr sûr !), bref, elle se plaint le ventre plein comme on dit par chez nous. Et elle devrait mettre le nez dehors plus souvent; internet c’est bien, mais faut pas en abuser, ça rend stérile (quoi ?).

Oui, l’une des pires choses pour elle en 2019, c’est la ‘plaintitude‘; c’est l’art de se plaindre tout le temps comme dans : je manque de sous (quand j’en ai), je n’aime plus le lard salé (quand je mange du boeuf), j’aime mieux sortir à la PDA plutôt qu’à la boîte à chansons, j’adore Paris même pour un week-end, c’est mieux que la Rive sud (!), je mange pas assez vegan, j’ai de l’arthrose dans la tête (euh…), j’ai mal au gros orteil et je change de bottes (bon, c’est un classique…), maudits cônes oranges (ça aussi !), Y’a trop de trafic, Y neige encore, Y pleut à boire de l’eau, Y fait chaud à crever; toutes de charmantes expressions de nos réalités ‘plaintitudaires’ (bon, je vais demandé à Dany L. de faire accepter ce nouveau mot à l’Académie française !).

Elle voulait terminer l’année en beauté, alors le coiffeur fut tout indiqué; brossage des vieux poils, lissage de la queue, tailler sa moustache, raffermir les bajoues et un traitement d’hypo-machin truc contre la bedaine et les mauvais gras. Mais ce sera partie remise car l’année est déjà finie. Je l’ai donc remerciée pour cette rétro de l’année, ce n’est jamais de tout repos de faire un bilan quand le hamster roule vite (sic), et je lui ai offert un peu de thé tchai pour son obésité. Car l’an prochain, je crains qu’elle ne puisse plus remonter…prendre l’air.

Elle m’a fait signe, du genre -ne crains rien, j’ai encore à faire- et je suis rentré au pays. L’année est commencée et je ne veux pas rater la défaite des arbres de Noël sur le trottoir! Bonne année les moustaches ! (à suivre …)

La marmotte frileuse, en 3 actes.

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Une vieille marmotte fait le printemps !

Tout le monde la connaît, on l’attend régulièrement, de façon constante, le 2 février, pour ses prédictions, à demi vraies, à demi fausses. On est bien heureux de savoir sur quelle patte elle danse. J’avais débuté son histoire vers la mi-janvier, dans un moment fort de tempête et je rêvais de soleil. Je l’avais trouvée mal en point, car à peine sortie de son terrier, elle s’était collé le museau sur un poteau de métal; elle était donc à demi sortie du sol, et à demi dans son terrier. J’étais aussi occupé à autre chose, de sorte qu’elle a pâti un peu de mon abandon. Ce récit s’étale du 7 janvier au 3 février, date du deuil de sa prestation.

 

« La marmotte frileuse », Acte III, scène 4.-Je sais, j’ai mis tout un temps avant de revenir sur sa situation déplorable. J’étais un peu occupé à faire des recherches sur ses origines et surtout, sur sa longévité, car Phil a la couène dure. Il semble que la validité de ses prédictions soit autour de 37%, ce qui nous fera une belle jambe ! Sur le site de la ‘marmotte’ (oui, elle a un site web  ), on dit qu’elle ne vieillit pas, mais à la vue de son pelage, j’ai comme un doute. Bref, comme je le disais la dernière fois (il y a environ 8 jours), j’ai su que de bons samaritains sont passés en Pennsylvanie, ils faisaient de l’exploration pour de futures forages de gaz de schiste quand ils ont aperçu un demi corps de fourrure à la surface d’un terrier, et un museau, à peine collé sur un poteau de métal, en l’occurrence : un poteau indiquant ‘le Sud’ pour les voyageurs égarés aux Etats-unis. Bon, on peut se demander qu’est-ce qu’on irait faire en Pennsylvanie (?) mais faut croire qu’on peut s’y perdre (!). Bref…comme tout bon explorateur de territoires encore inexploités (sic), ils avaient une torche (au gaz) et s’en sont servis pour chauffer délicatement le poteau par le haut. La marmotte sentait bien cette douce chaleur qui allait peut-être lui permettre de prendre congé de sa fâcheuse posture. Et effectivement, après quelques minutes de réchauffement, elle put libérer son nez…quel soulagement ! Maintenant qu’elle peut retourner dans sa tanière, elle doit reprendre du poil de la bête pour -sa descendance d’abord, -puis, pour se préparer pour le 2 février, sa grande sortie publique et ainsi faire peau neuve (si l’on peut dire…). L’acte 2 se termine ici, et je sens que j’aurais pleins de surprises à vous conter dans 6 jours sur entre autres: les croyances populaires, les nôtres, les vôtres, celles des marmottes (qui seront brèves je pense), une fois la sacrée tempête de neige (qui s’annonce, grrrrrrrrrrrrrr) terminée. Le temps passe, le temps se réchauffe, sauf aujourd’hui (sic) et peut-être que Phil et ses amis seront un jour sur la liste, toujours plus grande, des petites bêtes en voie de disparition. Pour nous, attentifs au jour de la marmotte, ce sera vraiment triste. J’adore les marmottes 

——————————————————–(27/01/19)

Acte 3, scène 1.-J’aurais du changer mon titre et l’appeler ‘la marmotte enragée’, elle est un peu frustrée depuis quelques mois. On a de grandes attentes face à elle. Et elle vient à peine de revenir dans son terrier. A priori, elle n’est engagée à rien, sinon de faire signe une fois l’an, quand bon lui chante. Mais avec les années et quelques bouleversements dans la nature, son désir s’est transformé en besoin. « Que va-t-il se passer! se demande-t-elle, « quand je ne pourrai plus creuser mon trou à ma guise… ». Cela peut sembler égoïste, mais il n’en n’est rien. Elle a constaté que le sol où elle creuse devient plus sec et de temps en temps, elle tombe sur cette poudre noircie, qui sent le souffre et que quelqu’un, quelque part, va venir chercher : le charbon. Elle voit des mineurs partout qui cherchent, comme des fouines, la richesse des sols. Pas si folle la bête ! Elle doit donc, comme beaucoup d’autres ami.es, chercher toujours plus loin, plus creux, pour protéger sa peau et celle de sa famille. Pas étonnant que son poil ait vieilli, ses yeux aussi. Elle ira donc raviver ses muscles endoloris, son dos courbé, pour mieux nous en faire voir en février. Son rythme sera fait de siestes mexicaines, de repas moins viandeux, moins laitiers aussi…à cause de son voisin: le Canada (sic) et aussi à cause de ses bébés, devenus …vegan. On ne sait pas où ils ont pris ça, mais tout bon parent sait qu’il aura à s’adapter aux nouveaux menus des bistros du coin; elle fera sans doute un peu de yoga-yogi pour replacer ses esprits qui en ont pris pour leur rhume dans les 10 derniers jours, avec un pansement sur le museau. Bon, ça l’empêche de sentir l’air un peu, mais au moins, elle ne va pas s’enrhumer (!). Son petit côté ‘ours’ va la mener directement sous la douillette, pour quelques jours au moins.

Acte 3, scène 2.-‘La marmotte récupère’- Elle se sent mieux, le vent passe et le soleil sort; les jours rallongent. En Pennsylvanie, les temps sont plus doux. Ça valait la peine de trouver cette affiche indiquant le Sud près de son terrier. Près de chez elle, elle a trouvé quelques haricots et quelques vieux maïs en rade, des pommes de terre aussi; ce n’est pas très vegan, mais ça fera l’affaire d’ici au printemps. A plusieurs mètres de l’endroit où a eu lieu sa mésaventure, elle voit poindre quelques camions et des hommes installent déjà les antennes et les caméras sur de gros trépieds. Ça annonce un grand événement, « peut-être un tremblement de terre » se dit-elle. Ou bien la venue d’un grand homme venu pour l’admirer et lui dire qu’on compte sur elle pour nous dire l’avenir…Les hommes (désolé de ne pas féminiser!) ont tant besoin d’être rassurés.

Acte 3, scène 3.-‘La marmotte réfléchit’.- Son rythme de récupération va bien. Le dernier rendez-vous médical l’a rassurée: mis à part un peu de stress, elle va mieux. Mais elle réfléchit…Depuis les déboires de sa sortie précoce ce mois-ci, elle se demande pourquoi une telle obligation (?), ‘pourquoi faire plaisir à tout ce monde qui se fout un peu de l’avenir’ pense-t-elle. Elle, qui souffrait tant durant 6 jours, personne ne l’a vue (sic). Et en fait, les bons samaritains libérateurs n’étaient que de vulgaires prospecteurs à la recherche de terres riches, de mauvais gaz et de pierres brillantes. Elle qui ne demande qu’à faire revenir le soleil, pour le bonheur de tous. Car une marmotte, comme d’autres bestioles de son groupe ne cherche que le bonheur d’autrui; c’est bizarre un peu mais la Nature fait bien les choses quand même…Ses origines ne lui permettent toutefois pas de penser plus loin; la survie de ses petits et de son environnement lui suffisent amplement. Aussi, il faudra sans doute trouver un autre terrier, un peu à l’abri de ces maniaques de richesses, dans les montagnes, près des cimes. Ça arrive parfois qu’une marmotte se prenne pour un oiseau, comme pour nous d’ailleurs (sic). Mais d’ici, elle se préparera pour la grande sortie, le spectacle que tout le monde attend; donc, aller chez le coiffeur (pour animaux!), teindre le pelage, faire un autre lifting, consolider les supports du terrier, faire les achats bio pour 3-4 jours…(oui, les médias sont exigeants face à ce phénomène !), nettoyer la cuisine en vue de festoyer (selon ses prédictions et les ovations publiques), bref, il ne reste que peu de temps. En mai, une fois le soleil bien haut, elle choisira peut-être la route du Sud, suivant les indications qu’un cow-boy a laissées. Elle sent bien que la Pennsylvanie change de climat; elle s’interroge sur sa copine au Canada : est-elle dans le même pétrin, pense-t-elle. Mais le climat n’est pas sa seule préoccupation. Elle n’aime pas tellement le nouveau dirigeant de son territoire, l’homme au toupet jaune (bon, elle a droit à une opinion malgré tout…); lui qui a permis de nouvelles explorations minières et gazières sur tout le territoire, lui qui veut mettre des murs partout, de sa cours à la frontière; ce n’est pas très sympa pour les animaux nomades, qui devront s’équiper d’un sac à dos bourré de paperasses, juste pour aller saluer ses copains. Heureusement qu’elle ne fait pas de politique :-)…

La marmotte est aussi très tenace, comme tous les animaux de classe, elle a une bonne posture et un caractère de chien, ce qui décuple sa capacité de survie (euhhhh…). De plus, elle est démocrate, même si elle n’y croit pas pantoute ! Elle se dit que peut-être, avec une marmotte comme présidente, son sort serait mieux (les marmottes rêvent comme les éléphants, un jour à la fois !). On a beau dire, même les plus petites bêtes nous en font vivre…

Acte 3, scène 4.-‘La marmotte fige la veille de l’avant-veille’.-

(6 mars).-« La marmotte frileuse », acte 3, scène 2.- On va y arriver, bientôt, on ne parlera plus d’elle quand il fera chaud à crever, sauf si on voudrait la maudire (!). Depuis le 3 février, date mémorable du calendrier des agriculteurs, elle est bien occupée tout de même. Entre les léchages de poil -sa toilette quotidienne- et la bouffe aux petits, elle, la chanceuse, a reçu la visite des cablo-distributeurs (euh….) et la voilà ‘branchée’ ! ou connectée si on veut, ‘in’ c’est encore mieux !! ça prend quand même un temps fou pour suivre l’actualité: celle de son pays en pleine tourmente morale et psycho-sociale de son gouvernement (je parle de ‘Phil’ aux E.U. !), celle du pays ami -le Canada- qui n’en finit pas de rougir devant les caméras, et les pages des chums sur FB qui sortent de leur torpeur hivernale. Alors, vous comprendrez que depuis un certain temps, les migraines sont récurrentes. Heureusement, dans le monde souterrains des bêtes-de-sol, la politique n’existe pas. Seul les plus forts survivent et s’occupent de leurs business…les autres font comme les cigales (sic).|| Quand même…les migraines sont douloureuses pour tout le monde, incluant surtout le monde animal. Dans les corridors de son terrier, il y a des fils partout: pour le téléphone, dont elle ne sert pas. Pour le modem et le router de la télé, et, pour le tissu social du net, dont elle acquiert le savoir-être. Tout un défi pour son cerveau qui rapetisse, avec l’âge (!).

Mais bon, le printemps ne peut pas ne pas arriver, sinon, ce serait contre-nature, comme on dit chez les environnementalistes de l’éco-système endogène dans lequel nous vivons ! Avec l’âge et selon son humeur du jour, la marmotte regarde autour d’elle et elle trouve que le monde est bien affairé. On ne sait pas trop ce qu’elle veut dire par là, mais ça semble pas simple du tout ! peut-être que l’envie d’aller ‘voir ailleurs si j’y suis’ est plus fort que l’envie de faire du ménage (euh…?!). Ça doit être ça un ‘changement climatique’…(pour le peu qu’elle en sait).
C’est probablement le temps de prendre sa pilule avant de sombrer dans un délire…qui pourrait s’éterniser. Mais comme elle n’est pas très friande pour renouveler son ordonnance (dont on lui charge 3 fois le prix (!), elle envisage plutôt une vacance…

Acte III, scène 5.- Il est tard, la Marmotte frileuse attend encore le printemps, plus de 7 semaines après s’être gelé le museau à l’extérieur de sa tanière. Depuis qu’elle a été branché sur le net, et que des fils traînent partout dans son chez-soi, elle passe quand même du bon temps en lisant les nouvelles, qui changent de jour en jour, ce qui n’est pas de tout repos…Aujourd’hui, 27 mars, elle est plutôt réflexive, donc voici ce que ça donne (quand on a un hamster qui ne dort pas…).

  • le 22 mars c’était la journée de l’eau, mais c’est pas encore la mer à boire.
  • bien sûr qu’il faut se presser, mais à petits pas

Chez elle, le ménage est en cours; c’est de bon aloi que de faire son ménage de printemps. Et son tunnel devient de plus en plus petit car elle souffre du syndrome de ‘l’entassement’ (je vous épargne les détails…). Trier et ranger ne se font pas sans heurts dans son amour propre pour les vieilleries qui sont emplies de souvenirs. Un jour, se dit-elle, faudra mettre tout ça par écrit, pour les générations futures (s’il y en a…) ou bien, pour le cas où elle est sélectionnée pour aller faire un tour sur la Lune, comme les humains le souhaitent, à nouveau (ce n’est pas moi qui le dit).

L’eau coule et remplit les rivières à ras bord, la marmotte frileuse, craignant les débordements canadiens (sic!) est à préparer des sacs de sable pour entourer son trou d’entrée de 1 mètre carré; c’est sûr qu’avec seulement deux pattes, ça va lui prendre encore quelques jours. (à suivre…)

Journal d’Espagne, la Galicie et la bruine

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La route en avion était assez longue, entre Montréal, Zurich et Porto pour ces deuxièmes vacances en Espagne, c’était le moyen pour découvrir la ville de Zurich pour une douzaine d’heures. Je n’avais pas pensé que j’y arriverais un dimanche à 8h00. De l’aéroport à la gare centrale du vieux Zurich à l’entrée du lac de Zurich, 4 stations de métro, puis c’est le ravissement, je suis ailleurs ! Inutile de dire qu’il n’y a pas grand chose ‘d’ouvert’ par un beau dimanche, sauf les paysages le long des canaux qui mènent au lac. La citée montre son côté de grande richesse, et lorsque le café, ma drogue du matin, me revient à 5CF (franc suisse), je l’apprécie pour au moins 30 minutes.DSC_9355

Puis, départ à 17h00 pour Porto et la suite se passe sur la côte ouest espagnole, en galicien !

Le copain hôte m’accueille et nous préparerons au jour le jour nos excursions tout autour, il y a beaucoup à voir et j’aime l’histoire, alors ‘Vamos’ pour une dizaine de jours.

Je connaissais peu Pontevedra et donc mes premières marches se font pas à pas, du côté de la vieille cité, avec ses rues piétonnières, ses églises, ses marchés publics, ses cafés et tobaccos, et quelques touristes locaux qui commencent à profiter du beau temps. La température est moins chaude que lors de mon départ de Montréal, entre 14C la nuit et 16-19C le jour; nous sommes sous une bruine constante sauf quand pointe le soleil pour un petit quinze minutes très apprécié. Mes pieds se promènent tous les matins, entre les basilique Santa Maria, San Bartolomeo, la basilica de la Peregrina, le café Stratos, la bibliothèque municipale, les ruines d’une très ancienne église, le rio de los Gafos, le parvis de l’allée centrale Alameda.

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Ruinas de Sto Domingo, Pontevedra.

 

Et nous parlons, des Galiciens, de l’histoire des conquêtes, des conflits avec l’Espagne entre le Xè et XVè siècle et de politique nationale. J’y apprendrai qu’il y a eu d’importants conflits avec l’Espagne de la régente Isabelle de Castille, que la Galicie a été envahie par les Celtes, qui ont repoussé les Vikings sur la côte ouest…Je vide mon esprit pour mieux m’imprégner de ce magnifique environnement, car 10 jours, ce n’est quand même pas si long! Dans les jours qui suivent, nous faisons les villes de Marin, Caldas de Reis, à l’intérieur de la Ria De Arousa, vers le nord.

Au Parque arqueoloxico da Arte Rupestre de Campo Lameiro, la visite est sous le soleil, pas vu depuis 2 jours, et nous marcherons dans l’espace aménagé en petits sites, marqués de stelles et de pétroglyphes, là où les traces des Celtes témoignent de leur conquête, et datant des IIIè et IIè millénaire B.C. Fascinant !

 

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Stèles au Parque Arqueoloxico, mai 2018.

Comment imaginer le travail de pierre-sur-pierre pour illustrer le mode de vie, les croyances, la survie ! pour le futur. Des travaux qui sont maintenant des œuvres et des traces immuables des prédécesseurs à l’Âge du Bronze. Nous continuons notre route, mais après avoir dégusté une super pizza aux anchois et une Estrella ! au village voisin.

Retour par le N-550 sud, la route suit le relief montagneux de la Galice, collines et vallées, bord d’océan font en sorte que le ciel change vite de couleurs, il peut s’embrumer en quelques minutes puis c’est l’heure du paragua (parapluie) quand ça tombe !

Je me prépare car je pars bientôt pour 4 jours à Santiago de Compostelle (St-Jacques); j’avais préparé quelques notes avant mon départ de Montréal mais tout est resté sur près de l’ordinateur, je refais donc mes devoirs pour avoir une belle randonnée. Nous quittons le 4 juin sur la route vers St-Jacques, à environ 100 kms de Pontevedra. Un peu de pluie, un peu de bruine, un tantinet de soleil. Nous trouvons le logement familial où j’ai réservé, à 30 minutes de marche du ‘vieux’ Santiago. J’y pensais depuis si longtemps que ai le cœur en vrille ! Au début, je songeais faire le chemin qui mène au bout des caminos vers Muxia, dans le Finistaire, sur la côte ouest, là où la rumeur dit que les pèlerins déposent leurs vieux apparats après le pèlerinage. C’est à 90 kms…mais ce sera pour une autre fois, lorsque mes genoux se porteront mieux. Déjà, sur place, il y aura tant à voir !

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la cathédrale de St-Jacques, côté nord, 2018.

J’ai 3 jours complets devant moi, et donc, je pars rapido de l’Avenida de Rosalia de Castro vers le Parque de Alameda, un parc immense un peu en hauteur, surplombant la ville et constitué des grands arbres de la Galice; les sentiers sont magnifiques et mes yeux tournoient à la vue de cette nature généreuse.

 

 

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Arbres du parc Alameda

Au parc Amaleda, une affiche indiquant qu’il y aura une manifestation le 10 juin contre un projet -existant- d’une minière extractive; cela me lie aux ami-es du Québec qui luttent contre l’exploration et l’exploitation extractive…photo-clic! Je poursuis le contour du parc sur 3 kms avant de pénétrer dans l’enceinte du vieux St-Jacques. Les anciens bâtiments, toujours debout, témoignent de cette histoire de St-Jacques apôtre mais aussi des premiers régents (rois), des pèlerin-es qui ont fait les ‘caminos’ en partant du Portugal, du sud de l’Espagne, de l’Est ou du Nord via la France. Le centre est envahi de touristes-pèlerins qui portent le sac à dos, le poncho -paraguas- ou le bâton de pèlerinage avec, en gravure, la coquille de St-Jacques. Un habitant me disait qu’actuellement, ils sont plus de 120,000 à marcher dans les sentiers de Compostelle chaque année. Je pratique donc mon espagnol et mon portu-gnol, langue prédominante en Galicie.

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Bassin dans l’Office des pèlerins, St-Jacques

Puis, je fais le contour de la vieille partie par l’extérieur par la Rua dos Carretas, Costa de San Francisco, Rua dos Rodos, et Rua da Virxa da Certa, près des marchés publiques et de l’Université de Santiago. Entre ces espaces, les ruelles sont plus petites et sous la pluie, les gens se cachent sous les proches et les arcades des bâtiments; ces lieux permettent alors les causeries du coin, entre connus et inconnus (comme je suis).

Le pèlerin poursuit son chemin à la croisée des vestiges du temps passé et en cours, pour voir d’autres contrées et leurs beautés.

 

 

L’année 2017 tire à sa fin, rappel.

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L’année 2017 tire à sa fin !

Transitions, changements et bouleversements; telle était l’entrée dans la nouvelle année 2017. Des élections étranges et incompréhensibles aux États-Unis, des changements politiques en Afrique, et bientôt en Amérique du Sud, en Allemagne, en Italie, après l’Espagne, l’Argentine, le Brésil, où les droites emportent des victoires néolibérales.

Dès janvier, de nouvelles attaques, criminelles ou terroristes, dont celle du centre culturel de Québec où un jeune de 27 ans tuent 6 personnes et en blessent une dizaine à la fin de la prière; une vigile à Québec et à Montréal le 30 au soir, car nous n’y comprenons rien…Dehors, le temps s’est arrêté, froid et rugueux…et la neige fige sur les arbres qui craquent. Le temps s’écoule.
En mai, le temps est revenu en douceur,  les sourires reviennent aussi; le cœur est toujours plus joyeux à cette période du renouveau de la flore, malgré les humeurs de ce temps qui semble en pleine mutation et les désastres causés à plusieurs endroits de la planète, dans les villes qui sont devenues fragiles, dans les zones de biodiversité, dans les lagunes, près des îles inondables où les peuples craignent.  Je vais stopper un peu les nouvelles, souvent mauvaises, pour préparer une vacance dont la date approche.
Le périple était attendu ! je n’avais pas quitté le continent depuis plusieurs années et donc… 14 jours en Espagne et en France:  des images fabuleuses, une exploration guidée par un ami,  des discussions pointues avec des français parfois exaspérés à Paris. Après 4 vols en avion et un trajet de bus sur plus de 2,000 kms dans les terres espagnoles du nord et françaises par la suite, de très belles retrouvailles de cousins-es français-e-s dans le sud de la France…Bref, cela a porté fruit dans mes lointains bons souvenirs d’il y a 40 ans ! La mémoire est une belle faculté, qui rappelle.
A mon retour, je me remets au travail pour une exposition au café de DA dans mon quartier, et ce fut bien de m’énerver un peu avec pinceaux-couleurs et photos ! c’était plutôt heureux bien qu’elle couvrait un peu trop de sujets; c’est souvent comme ça pour moi, je devrai y travailler…
Ici, Montréal a bougé toute l’année pour son 375è anniversaire. Le Canada aussi, pour son 150è anniversaire. Les pays ont leur histoire, même oblitérée… Elles ne font pas toutes l’unanimité, surtout celle du Canada où les oublis et occultations sont nombreuses…nous sommes ensemble, mais chacun avec son individualité ! Les quartiers se sont animés partout, -de théâtre, de cinéma sous les étoiles, de marches avec contes et légendes, de projection holographiques sur grandes murales, de peinture en direct, et autres formes artistiques, pour le plaisir des yeux et des talents locaux! Un boum de talents et du goût de ‘vivre soi’ (sic); j’ai aimé la balade artistique de la paix, rue Sherbrooke, exposant Art, humanité et regards sur le monde. Plus tard, nous soulignerons la perte de l’artiste chanteur Leonard Cohen qui nous laisse de si belles sonorités !
Mais ce n’est pas la fête partout: dans d’autres contrées du monde, des bombes éclatent: Manchester en mai, Kaboul en juin, des hommes agressent d’autres hommes, des femmes et des enfants…On dirait un brin de folie qui ne se contient plus et que j’ai peine à comprendre. Les hommes prennent une drôle de tournure…comme de vieux singes en voie de disparition…
Au moins d’août, la problématique, pas si nouvelle, mais plus intense cette fois, de l’immigration forcée nous venant des États-Unis alimente bien des craintes, des peurs qui deviennent parfois phobiques, mais dont l’issue est encore incertaine; les hommes redeviennent-ils tribaux ? c’est-à-dire qu’ils ne cherchent que leurs semblables du clan….retour vers un futur antérieur (sic).
Le jardin d'époque des Correspondances, août 2017.

Aux Correspondances d’Eastman, 2017

Heureusement, mon envie de nature s’est transformée en désir littéraire et je suis parti à la découverte des Correspondances d’Eastman, dans la dite ville, aménagée pour 4 jours en ‘environnement de mots, de sons et de figures littéraires’. Un bonheur pour les sens et pour l’âme !
Sur le plan politique, c’est sans aucun doute le référendum de la Catalogne (le 1er octobre) qui a attiré notre curiosité (de Québécois !). On se demande bien ce qu’il va se passer maintenant, alors que le vote est sorti à 42% de la population avec un score de 90% pour l’indépendance ? Certains ont noté que malgré cette démarche, seul l’acceptation des autres pays compterait pour la reconnaissance d’un nouveau pays…ce qu’il ne s’est pas passé ! l’histoire se poursuivra donc jusqu’au 21 décembre…(et après). Ici, nous aimons bien raviver la fibre de l’indépendance,  comme pour combler un petit vide laissé dans de drôles de circonstances autant en mai’80 qu’en octobre’95. On pourra toujours se rabattre sur les élections municipales de Montréal en novembre, où nos vœux anciens trouveront sans doute un écho favorable quoique seules deux grandes équipes se font concurrence; c’est peu de choses pour une vraie démocratie, mais on pourra se consoler de voir une nouvelle figure à la télé, avec de nouvelles idées !
Le jardin Bigelow. Georgeville.

Le jardin Bigelow.

Le printemps…qui s’est fait attendre, est arrivé vers le 20 avril…je m’en souviens, il est passé entre le chaud et le froid, par un beau jour de mai ! A Paris, ils ont bien eu une petite canicule après notre retour de voyage le 4 juin pendant que nous, nous espérions l’été… qui est finalement arrivé lui aussi, et là,  mon fort besoin de nature a motivé mes déplacements vers les espaces verts dont je m’ennuie à cette période de l’année. Ainsi, les promenades dans ma région natale: Magog, Knowlton, Bromont, le mont Orford, le mon Bellevue à Sherbrooke, le chalet de Georgeville; l’air doux de l’eau et de la forêt m’est toujours bon et me reconnecte avec un essentiel…un peu perdu dans la mouvance urbaine de la grande cité !

Puis, l’automne, tant annoncé, est tombé plus tardivement, avec ses chutes de températures de temps en temps et ses remontées extrêmes, pour nous rappeler les excès que nous faisons (sic). Mais heureusement, pas aussi fortes qu’aux États-Unis et dans les Caraïbes, balayés depuis juillet par de multiples coups de vent désastreux et destructeurs. Là, une grande pluie chaude en couleurs, sur fond de jaunes et d’orangers, de vert-pâle à vert-brunâtre, de vents doux. Une campagne comme je les aime ! à savourer, une heure à la fois…et pour (mieux me préparer…à) marcher au rythme qui grondera cet automne pour d’autres campagnes, telle « Une salaire décent à $15 l’heure » ! Et de fait, il y en a eu plusieurs, comme pour indiquer un momentum-clé de mobilisation populaire avant le prochain budget provincial, prévu en mars. Car on ne sait pas ce que nous réserve ‘la post-austérité’ ?
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Goûtelettes sur l’horizon (automne 2017)

Puis, puis… c’est l’hiver qui se prépare. Au début de décembre, ce sont lectures et cours de peinture qui m’occupent.  Écrits sur la rencontre de la COP23 sur le climat, tenue à Bonn du 3 au 7 novembre. Nous perdons un temps précieux, comme humanité ! C’est dommage que nous en soyons au même point qu’en 2014-15, c’est à dire que nos cibles de réduction ne seront pas atteintes…pourquoi? Eh bien, probablement parce que les efforts ne sont pas tous faits, individuellement et collectivement ! On achète, on consomme, on rachète, on re-consomme…bref, les riches de ce monde ne savent plus s’arrêter! Probable que les investissements enrichissent davantage les poubelles de l’Orient !
LU: Intérêt philosophique : un numéro spécial de Philosophie sur le Tibet – le Karmapa, le successeur du Dalai Lama, en exil en Inde depuis ses 15 ans. Intérêt politique: Hilary Clinton, (éd. 2016) sur sa vie, par un reporter écrivain: une femme forte somme toute, et c’est l’Amérique qui est en défaut dans les dédales du pouvoir. Intérêt social: le livre de Parinoush Saniee : Le voile de Téhéran (2004). Un roman très bien écrit, avec une description de la vie d’une famille en Iran, à Téhéran, dans un contexte de bouleversements politiques des années ’70. Pas trop surprenant qu’il ait été censuré dans ce pays à sa parution. Fin décembre, je débute celui que je désirais le plus: Homo Sapiens, de Harari (2011); pour peu qu’il nous reste un peu de sapiens…
AIMÉ: une conférence photo chez LL Lozeau sur la photographie en N&B; pour me réconcilier avec une vieille pratique. Le superbe film Demain (du 20/04 à TV5) sur les solutions pour un monde meilleur ! La balade de la Paix, durant les festivités du 375èMtl sur la rue Sherbrooke, où des magnifiques photos et sculptures illustrent les réalités contemporaines de la pollution mondiale, de la migration forcée, des cultures et des peuples à apprivoiser. Le spectacle des 20 ans de la Coalition Eau Secours NIPI, le 27 octobre au cabaret Latulippe, avec une dizaine d’artistes aux voix des diverses Nations qui composent les peuples sur le territoire, certaines racines se touchent sous la terre. Quelques mots d’Obama, dès le début de la nouvelle ère républicaine aux Etats-Unis, repérés en janvier 2017:
« Ne craignez pas l’avenir mais restez vigilants, car la démocratie n’est jamais acquise.
Ayez confiance et croyez non pas en moi en vous-mêmes.
Vous êtes ici, et nous devons protéger les acquis des pères-fondateurs pour notre nation.
Nous avons eu certains succès mais il reste du travail à faire pour continuer les mesures pour l’ensemble des citoyens américains.
Entre vous, entre nous, regardons nous entre égaux et non entre races, avec les hommes et les femmes, les réfugiés, les immigrants, leurs enfants, qui ont fait notre pays« …………Un baume au cœur !
 
VU: les films de gars: -Star Wars Rogue One, en attendant l’autre fabuleux ! ‘Surviving Canada’, un documentaire sur les peuples oubliés dans l’histoire présentée du Canada lors de ce 150è de la confédération. L’Arrivée, de Denis villeneuve. Ce talentueux réalisateur qui nous emporte dans le monde des contacts (extra-terrestres…) où le décryptage des langages sont importants pour toute bonne compréhension de communication. Une leçon pour les humanoïdes que nous sommes. ‘Le Théâtre de la vie’, (ONF, 2015) sur les grands chefs en Italie qui ont fondé une cafétéria de cuisine avec des surplus de l’exposition de Milan de l’été 2015 pour nourrir des personnes sans-abris et des réfugiés ! L’idée va maintenant se répandre !  la très bonne exposition du World Press Photo 2017 (au marché Bonsecours) qui, malgré son aspect assez ‘compétitif’, me remplit d’inspiration visuelle par ses moments figés qui deviennent des clés d’histoire; et puis, en décembre, la superbe exposition: Une brèche en toute chose-2017 de Leonard Cohen au MAC de Montréal où j’aurais pu y passer plus de deux heures…trop vite, et à revoir l’an prochain.
En fait, les LU, AIMÉ et VU ont tous captés mes sens !
Le livre d'or LE TEMPS (3/01/18)
Il s’est arrêté, il est de ce désir inconscient de tout stopper, le temps d’une pause sans posts, sans écran, sans pinceaux, sans débats, le temps de passer outre à ce qui règle nos vies et nos petits bonheurs. Je l’arrête, pas comme je le veux, mais comme je le souhaite, pour respirer l’air frais qui s’écoule, les parfums de ma blonde, les humeurs de ma mère, les sourcillements de mes sœurs, l’air est bon. 2018 vient à peine de murmurer.

Des explorateurs en Espagne et en France: traces d’humanité 2017

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Les pas vont, les bras forcent, les historiens s’affairent, les travailleurs construisent, les autres encouragent. Les hommes poursuivent leur bonheur au gré des promenades européennes, des sourires discrets, des paroles échangées par petits et grands moments de bonheur. L’inconnu et l’étrange m’attirent toujours ! Là où je peux être inconnu sans être complètement étranger.

En liberté ! Dans une région du nord-ouest de l’Espagne, les rias de Pontevedra, de Vigo et de Santiago entrent dans la terre sur plusieurs kilomètres, là où se succèdent en harmonie ville, villages, ports de pêche, pont en arche, port commercial, culture des moules, voiliers, traversiers et randonneurs ponctuels. Les randonnées se sont succédées sur les côtes, entre ces ports de pêche où les moules sont cultivés dans de vastes lagunes, les ‘horreos’ où l’on conserve la nourriture et les villages anciens où les pierres sont le signe des établissements  des hommes il y a des siècles. La région est castillane, à ne pas confondre avec la Catalogne de l’est de l’Espagne. Les rues se pointent en étoile vers les grandes places centrales où se confondent habitants, touristes, voyageurs d’un jour. Le temps est plus clément que chez moi, quand le thermomètre indiquait 8C la nuit et 12C le jour, en mai. Les vacances débutent…

près de Vigo, Espagne, 2017

À Santiago de Compostelle: A quelques kilomètres de Pontevedra, la ville des croisements de chemins nus qu’empruntent les pèlerins du sud, du sud-est, du centre-est et du centre-nord de l’Espagne pour parvenir à ce lieu mythique de rencontre. Au centre de la ville, pas très grande, déjà et même un peu avant la haute saison, des pèlerins marcheurs s’activent près de l’église. Le soleil est radieux, mes yeux s’ouvrent grand de toutes les beautés anciennes, aux couleurs d’ocre jaune, de terre de sienne, de gris-brunâtre, de vert vif; les verdures prennent vie sur la façade la cathédrale de Saint-Jacques, là où repose la tombe, très visitée ! de Santiago (Saint-Jacques, apôtre). De Pontevedra, nous nous promènerons avec un bon ami, le long des côtes ouest vers le nord en contournant les ‘rias’, ces grandes baies entrant dans les terres, puis Cambados, Arousa, Sensenxo… Nous stopperons dans les petits villages où des vestiges anciens disent l’histoire. C’est lors du passage dans l’une de ces baies que nous voyons le géant ‘Queen Elizabeth’, en arrêt à Vigo; le géant de la mer jusqu’à peu temps.

La cathédrale de Santiago. Espagne, 2017.

Nous avons marché ainsi  jusqu’à la pause café en écoutant de loin la procession festive (à Santiago) qui démarre. Après demain, nous prendrons la route vers Barcelone, avec quelques arrêts, et nous verrons tout le long de l »autopista’, les pèlerins qui ont prit la route française vers Compostelle. Ce chemin de 850 kms suit la route du nord d’est en ouest et prévoit des arrêts, souvent près d’une fontaine, près du centre du village, où souvent près de la place publique (civique). Je m’imprègne d’une histoire que je connais à peine, mais heureusement, la langue me permet d’apprécier quelques accents toniques bien spécifiques.

De retour à Pontevedra, nous faisons le point sur notre fatigue, mais aussi sur le bonheur de ces sites explorés, côté mer et côté terre. Apéro, sandwichs aux saveurs locales, café negro ou corto font le délice de nos estomacs. Je nourris ma mémoire de ces découvertes de la planète et de ses habitants; un délice pour les sens !

 

Trois jours plus tard, en route vers Burgos, mes pieds suivent ceux du copain qui me reçoit dans son pays et mes yeux toujours ouverts devant les monuments, les chapelles, les façades, les colonnes qui ont pris l’âge des communautés en peuplement. Tout le long,  le sentier ‘français’ du chemin de Compostelle est marqué d’une coquille st-jacques sur le sol, où se repèrent les pèlerins, femmes et hommes en bottines garnies; mais le gros de la saison des marcheurs est plus tard. Cette route longue a quelque chose dans l’âme.

Cathédrale de Burgos.

Entre Burgos et Saragosa, la route s’enfuit sous  un paysage changeant;  la terre devient gris-blanc- calcaire, et c’est là que le bon vin est cultivé: le Ribera en fait partie. Le paysage est lunaire, désertique et aride; et là, les collines sont amassées en gros tas de pierres blanches de 10 à 20 m. de haut et de petits arbustes y poussent. Nous sommes à moins de 300 kms de Barcelone vers l’est…le soleil est toujours le bienvenu. Nous arriverons bientôt vers la grande cité catalane.

Barcelone: La ville des jeux de 1992, si grande, si diversifiée et cosmopolite, entre la plage du sud, les installations olympiques restantes et les stades de foot, les temples et églises centenaires, le Montjuic d’où l’on voit l’Est.  Enfin, après la route, on y arrive, 850 kms plus tard. Wow, quelle belle architecture, mais j’y reviendrai, car pour l’instant, à 30C, se mettre les pieds dans l’eau de la Méditerranée serait vraiment chouette, pour une première fois.

Le port immense de Barcelone.

La promenade début avec le monument à voir: le temple d’expiation de la Sagrada familia, une oeuvre architecturale inachevée, débutée par Gaudi, ingénieur et céramiste. C’est si grand qu’il faudrait plusieurs jours pour en contempler le détail des superpositions réalisées dans le temps. Autour, les files sont longues pour y entrer.

En fin de journée, l’auto nous conduit (sic) au Montjuic, du haut duquel nous avons une vue imprenable sur la largeur du port de la ville: une partie pour les paquebots, une autre pour les bateaux de pêche, une troisième pour les voiliers et plaisanciers et les jardins sont éclatants de plantes et de fleurs que je ne connais pas. Tout pour les yeux !

De Barcelone à Nîmes. Le bus est très abordable pour faire ces 350 kms et passer la ‘frontera’, on n’est pas pressés, et la chauffeure non plus: 7 heures pour faire ce trajet, en frôlant les Pyrénées ! C’est quand même bien ces petits arrêts qui me permettent de sentir les villes en aval, et de voir un superbe couvert de nuage bleu foncé sur une plaine verte en passant Perpignan, un orage se prépare !

Village dans le Luberon

De Nîmes à Ansouis. Mes cousines viennent me chercher au terminus (introuvable !) de Nîmes, côté sud, où personne ne va jamais (;-). Depuis les années 80-90, elles ont toutes migré vers le sud. On a fait un arrêt sympa chez un grand oncle de la famille. Depuis près de 40 ans, il m’a reconnu, quelle mémoire à 92 ans. Cela m’a replongé dans un temps lointain: une époque d’adolescence au moment où les contradictions de la vie sont au plus fort. Depuis, cette famille avait déménagé dans le sud du pays, autour de Clarensac, les cousins d’abord, puis le père, puis les quatre cousines ont suivi, à Marseille, Port-de-bouc, Aix en Provence et le Luberon. La vie a reprit de plus belle dans ces très belles régions. Leurs enfants marquent ce temps qui s’est écoulé et le voyage m’apprend le pays lointain de mes parents. Le séjour n’a duré que 36 heures, pas assez pour tout voir et tout comprendre, mais j’ai rendez-vous sur Paris pour une visite en très bonne compagnie !

Paris, la ville de lumière.

Des arts, des façades, des tours illuminés, des pontons éclairés, des nuits en mouvements, des artistes et des touristes, bref, après la nature, on se retrouve dans une vie trépidante comme nul par ailleurs. Un séjour de cinq jours est bien peu mais nous y avons trouvé les découvertes souhaitées. D’abord avec un petit studio dans le XIVè arrondissement, à deux pas du métro-Denfert-Rochereau, à quelques pas de tout. Tous les jours, nous laissons nos traces de quelques kilomètres le long de la Seine et de ses ponts, l’île Notre-Dame, les grandes avenues et les boutiques de plus en plus anciennes; c’est grandiose et éclatant pour les yeux ! Quel bonheur de faire ce trajet plutôt spontané avec ma copine. A notre arrivé, le temps se réchauffe jusqu’à 28C avec un soleil de plomb, mais le diesel deviendra un peu étouffant avec les jours. Il vaut mieux en profiter maintenant, même avec les foules de touristes qui se forment. Donc, dans le désordre: les Jardins du Luxembourg, le cimetière du Montparnasse, l’Université de la Sorbonne, l’église Saint-germain, le mont du Sacré-coeur, le jardin des Tuileries, le quai d’Orsay, la tour Saint-Jacques, Place de la Concorde, le musée de l’Armée. Avec, bien sûr, les arrêts-clé de ‘digestion’ et repos des pieds, dans les cafés convoités, et plus cherrant qu’en Espagne (3,40E à 5E le kaf !). Le temps passe vite et voici le moment de dire ‘au revoir’ au petit studio qui a été notre nid durant 5 jours. Ce retour aux sources m’a apaisé et je sens que le contact des racines fera grandir l’arbre dont j’avais un peu oublié la présence ! Vamos a la casa, comme on dit. ‘Le voyage en valait le café’ ! Merci la Vie !