Archives de Catégorie: Billets éditorials

Les mouvements sociaux en mode ‘vigilance’ post élections fédérales

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Les organisations sociales et les mouvements sociaux du Québec ont une première idée de leur plans d’action après des élections fédérales, surprenantes, d’octobre 2015.

Un panel serré de représentant-es-militant-es a dressé lors d’une présentation publique (le 24 octobre 2015), constats suite aux élections du 19 octobre dernier ! A quoi donc peut-on s’attendre avec le nouveau gouvernement majoritaire libéral ? En prémisse, il est dit que personne ne peut s’endormir… même s’il est question d’une certaine victoire pour nombre de groupes sociaux ! Pourquoi ? La réponse vient sans doute en partie de mauvais souvenirs que nous avons au Québec du règne libéral, avant 2007. Ensuite, bien que la volonté populaire de changer de parti au pouvoir ait été démontrée, les promesses et autres changements devront être tenues, « les gestes devront suivre les paroles« , ce qui est toujours difficile à faire. L’attention des organisations civiles en environnement, dans le monde du travail, pour l’application des droits humains et les droits des peuples doit être constante, cela demande énergie, persévérance et constance dans nos communautés.

Nous aurons donc le défi de suivre les engagements et ré-engagements promis: sur la présence du Canada aux négociations de la COP21 à Paris (en décembre), sur les réformes du Code du travail canadien et la précarité de l’emploi, sur les demandes d’enquêtes publiques sur les femmes Autochtones disparues et assassinées, sur la position du Canada dans les conflits internationaux (comme celui de la Palestine & Israël), sur les oléoducs en projet, et combien d’autres, qui reflètent sans doute une bonne part des (vraies !) valeurs des Canadien-nes et des Québécois-es. Même si personne ne le mentionne…

Non, les citoyen-nes du pays ne peuvent pas compter seulement sur les promesses des élus pour dormir tranquillement, sinon ils seront les premières victimes du manque de sommeil !

Ne pas vivre dans la peur, car la peur fige. 

Oser parler, oser argumenter, oser dialoguer avec l’inconnu, pour le connaître et l’apprécier, oser la liberté, au-delà des dogmes et des diktats.

Car la rue appartient aux gens qui l’habitent, les terres sont à celles et ceux qui la défrichent et lui rendent honneur. A ceux qui chérissent la beauté du monde (D. Dufresne), qui peuvent reconnaître les valeurs qui les dépassent et redonnent de l’humanité.

 

Le message de « Tout peut changer »

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Les images du film de Naomie Klein sont soufflantes ! Les fumées blanc-jaunâtres de Fort MacMurray envahissent tout l’écran, et nous n’y sommes pas sur place. Elle, elle y était en 2013, lors d’une visite de délégation du Québec, quand le combat s’articulait autour des sables bitumineux, dans le nord de l’Alberta. Un développement économique dans la foulée des discours économistes du XVIIIe siècle, i.e. « que les ressources de la Terre sont inépuisables (…) et que l’homme peut en extraire tant qu’il le veut... » Cette pensée, désuète aujourd’hui, a conduit aux inimaginables catastrophes que les autochtones de Beaver Lake avaient pressenties, mais que nous ne comprenons que maintenant. Nous voulions contrôler la Nature, mais force est de voir que celle-ci semble se venger de nos outrances, de nos excès. Les États-Unis, touchés à New-York par l’ouragan Sandy en 2012, prennent acte de ces revirements. Le réchauffement du climat est bien réel et risque de faire augmenter la température de plus de 2C au cours des dix prochaines années. Pour elle, « Nous sommes en danger ! ».

La marche du climat en avril à Québec (Qc).

La marche du climat en avril à Québec (Qc).

Les exemples montrés font choc, images percutantes à l’appui, telles celles de la contamination d’une vallée au Montana, sur la rivière Yellowstone, où une famille d’éleveurs se lève par un beau matin, en pleine et vaste campagne, avec une marre d’eau contaminée au pétrole par une cie d’exploitation; le rêve d’une vie est dévastée ! Car « l’on prend dans la terre à outrance, sans remettre ce qu’elle nous donne » (dixit une autochtone Cree).  « Pourtant, ajoute-t-elle, nous ne sommes ici que de passage. Que laisserons-nous aux enfants qui nous suivent? » .

dans le Huffington Post

En Grèce, à Hakidiki, des citoyen-nes ont refusé des mesures d’austérité dictées par les gouvernants locaux. Ils sont descendus dans la rue et ont bouclé une boucle. Heureusement, car il fut dit que ‘tout est à vendre’ là-bas, vers 2009-2010. C’était une réponse aux gens inquiets de la crise économique: Vendez tout ce que vous avez. Une telle réponse laissera sûrement le champ libre aux envahisseurs… économiques, évinçant les petits commerces, les politiques locales et la gouvernance du territoire propre, tout sur leur passage quoi.

En Andra Pradesh, aux Indes, les villageois de Sompata ont également bloqué des rues aux voitures qui voulaient se rendre sur le site d’une compagnie minière jugée illégitime par les citoyen-nes. Info Sompata Nuclear power plant project .

A Beijing, en Chine, la croissance économique vertigineuse et encensée de ce pays émergent vit dans le smog entre 150 et 175 jours par année. On y voit des familles qui disent ne pas pouvoir sortir de la maison à cause de la pollution. Un enfant témoigne ne pas savoir (avoir vu) de nuages, peu de ciel bleu, et pas de soleil…Les images du réalisateur nous révèlent ce qui est caché par un long voile blanc, épais, dense, duquel on se bouche le visage, durant la moitié de l’année.

Elle égratignera au passage quelques grandes sociétés, comme la Royal Society, en Angleterre, qui préconise le contraire d’une décroissance et qui semble ne voir là que des propos alarmistes. Tout comme certaines sociétés de haut-savoir aux États-Unis qui dénigrent encore les changements climatiques et le fait humain sur l’environnement.

Un film épeurant ? « Non, dira Naomie Klein, mais nous sommes en danger » mais ensemble, nous pouvons agir pour stopper cette destruction massive de la planète (séquences appetizer).

Je m’abstiens donc de donner le punch du film, il est à voir, et non pas à le révéler entièrement !

Des milliers d’abeilles contre Goliath-

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Cette semaine, dans le cadre des Journées québécoises de la Solidarité internationale (2012) de l’AQOCI, une personne toute simple est venue du Brésil donner sa vision du présent et de l’avenir quant à la coopération internationale et le contexte de la mondialisation. Francisco  »Chico » Whitaker nous a une fois de plus imprégnés de ses bons mots. Enfin, entendons-nous, sa vision du monde actuel n’est pas rose. Disons qu’elle se situe entre le rose bonbon et le noir d’encre, avec des nuance de gris de Payne. Il faut remonter loin pour comprendre l’empreinte du capitalisme moderne sur les échanges relationnels entre les hommes; les guerres, les catastrophes naturelles, les conflits armés, les minerais, le pétrole, autant d’occasion de s’enrechir:  »de vendre quelque chose plus que ce qu’il ne vaut, afin de faire son pécule (…) » de dire Chico Whitaker. Cela n’a peut-être pas été de tout temps, mais aujourd’hui la consommation, et il insiste, est bien intégrée dans nos modes de vie; j’ajouterais ‘et contagieuse’.

lors du IIIè Forum social des Amériques, octobre 2008.

En poursuivant et pour bien saisir la différence entre ceux qui s’accaparent sans limites et ceux qui font ‘des ulcères’ parce qu’ils ne mangent pas assez, il nous image la suite:  »Nous sommes déjà des milliers d’abeilles qui agaçont Goliath, le monstre aux mille têtes, soyons plus nombreux, et maintenons l’agacement… »

A son arrivée sur Montréal, Chico exhibe quelques flyers récupérés sur la rue (probablement) et qui montrent ces abeilles à l’oeuvre: manif d’Occupy, rassemblement citoyen de quartier, mobilisation des étudiants.  »Ceci est l’oeuvre (agaçante !) des abeilles, et c’est très bien ».   Le capitalisme se porte encore assez bien, mais le travail acharné des ‘petits’ demeure un impératif contre le géant. Il ajoute que nous devrons être plus nombreux et agir davantage ensemble, ce que certaines actions ont déjà montré, ici et ailleurs.

Le lien avec la coopération internationale n’était pas évident, sinon que le vrai changement provient de chacun de nous et de nos désirs de changement, de refus, de revendication et de solidarité. Ses 82 ans de vie ont parlé. Il pourra  revenir quand il voudra !

*Réf: WHITAKER, Chico.-Changer le monde. (nouveau) Mode d’emploi. Traduction des éditions de l’atelier. Paris, 2006.