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essai de réflexion.

La Marmotte frileuse, Acte III, scène XIII !

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C’est le Nouvel An et j’ai enfin retrouvé la petite bête recherchée, alors voici : La Marmotte frileuse; Acte, scène 13 (euh…à peu près…) !

Entre avril et décembre de l’année écoulée, beaucoup d’eau et de glace et de pluie et de verglas a coulé sous les ponts. J’attendais avec impatience ce moment pour la trouver et voir un peu où en est son environnement : la Pennsylvanie ! Pour elle et sa marmaille, il y a eu de nombreux changements…climatiques, politico-religieux, socio-culturels, j’y reviendrai. Sa famille a beaucoup changé aussi, les deux plus vieilles (marmotte c’est féminin !) ont quitté pour un terrier plus au sud et un peu à l’abri des vents gaziers (non, ils ne viennent pas de ‘schistes’ !), c’est pas loin, mais pas plus cher qu’à la maison ! Si jusqu’à maintenant, l’habitat-terrier était relativement peu cher, la vie autonome l’est pas mal plus. Au moins, elle est à un jet de pierre de sa marmaille.

Au bord de l’eau, l’hiver.

Les changements sont devenus pour elle un vrai cauchemar et heureusement que l’année s’est terminée le 31, elle a pu prendre une pause d’écoanxiété durant la nuit, jusqu’au Jour de l’an au matin. C’est aussi grâce à sa connexion internet qu’elle arrive à suivre l’actualité sans trop de déplacements; résultats: son taux de cholestérol est en hausse, mais elle est plus informée, donc plus ‘indignée’ et plus ‘écoanxiogène’ (ça va de pair, semble-t-il). De sa bouche tout sort en vrac, j’ai donc la tâche difficile de mettre tout ça en ordre (enfin…).

Quand il y a du courant (!) et que les oreilles de lapin de la télé sont bien alignées, elle écoute ce que la télé lui raconte et ce n’est pas toujours réjouissant: feux de forêt en Californie, tueries dans les écoles, les dépanneurs, les hôpitaux. Y’a des fous partout, même chez elle; c’est dommage que les hôpitaux si soient bondés (sic). Et ce n,est pas mieux dans les pays du monde: les volcans qui se réveillent, les séismes qui déplacent des continents en entier, les inondations subites, bref, c’est la nature qui reprend ses droits, ou qui respire…ce qui n’est pas plus mal. Elle se demande toujours comment les hommes s’en sortiront (?!).

L’actualité canadienne l’intéresse aussi, car après tout, sa voisine à pattes (quelque part dans les Prairies) fait aussi la manchette en février. Une saine concurrence, pense-t-elle. Elle a, entre autres choses, suivi avec attention l’expédition de la jeune Greta, de Montréal à Vancouver, quel engouement pour sauver la planète ! Il est temps que l’on se réveille si on ne veut pas tous finir dans l’Arche de Noé, à voyager longtemps longtemps en mer. La surenchère de la consommation atteint son paroxisme à la période des fêtes. On achète trop, on déballe trop, on mange trop (d’où l’obésité…), et on jette trop. Quand au recyclage, c’est nettement insuffisant pour diminuer son empreinte écologique (c’est pas moi qui le dit !). La science nous révèle des trucs un peu indigestes mais qu’il vaudrait apprendre…à digérer, sans quoi, ce sera un vrai purgatoire ici bas (et vlan !). C’est ti le lemming qui a des comportements suicidaires (euh…)? (cours de biologie du Sec.V, version 1972).

Sur Terre, il y a quand même d’autres pays où ça a bougé aussi: la France et ses gilets jaunes, les hong-kongais.es, les jeunes iraniens, les chinois, on dirait une multitude de révolutions, mais pourquoi -et surtout- pour quoi? C’est assez incroyable de constater l’appétit féroce des hommes pour son ventre et son cerveau : technologies, fast-food, bidules à plugger, maison ultra moderne, voyages sur la lune ou dans la stratosphère…etc etc etc. Comme dirait Yuval Noah Harari (un pote à nous!), quand l’homme se prend pour Dieu, c’est plus qu’une course à l’échalote, crotte de marmotte (!). Le pourquoi vient de l’analyse de la motivation, le pour-quoi, c’est dans quel but: le matériel ou à un autre niveau…hum ! Bonne question pour cogiter un autre hiver.

J’ai pensé un moment que cette vieille bête commençait à déprimer, ce sera dommage de perdre une conscience si aigüe de la réalité (hein?). Je lui ai donc proposé un peu de Walt Disney, histoire de ne pas déprimer pour le reste de sa vie (elle doit avoir au moins 20 berges (x 3 ans =à la veille de sa retraite !). Après tout, elle a de beaux enfants même si sa femme est partie au loin (oups, un autre chapitre à venir…) et la vie en campagne est quand même agréable: une superbe forêt d’arbres forts et vigoureux, deux ruisseaux clairs à proximité, un soleil radieux huit mois par année (c’est pas comme ici…), 10 cms de neige au max par hiver (hum…pas sûr sûr !), bref, elle se plaint le ventre plein comme on dit par chez nous. Et elle devrait mettre le nez dehors plus souvent; internet c’est bien, mais faut pas en abuser, ça rend stérile (quoi ?).

Oui, l’une des pires choses pour elle en 2019, c’est la ‘plaintitude‘; c’est l’art de se plaindre tout le temps comme dans : je manque de sous (quand j’en ai), je n’aime plus le lard salé (quand je mange du boeuf), j’aime mieux sortir à la PDA plutôt qu’à la boîte à chansons, j’adore Paris même pour un week-end, c’est mieux que la Rive sud (!), je mange pas assez vegan, j’ai de l’arthrose dans la tête (euh…), j’ai mal au gros orteil et je change de bottes (bon, c’est un classique…), maudits cônes oranges (ça aussi !), Y’a trop de trafic, Y neige encore, Y pleut à boire de l’eau, Y fait chaud à crever; toutes de charmantes expressions de nos réalités ‘plaintitudaires’ (bon, je vais demandé à Dany L. de faire accepter ce nouveau mot à l’Académie française !).

Elle voulait terminer l’année en beauté, alors le coiffeur fut tout indiqué; brossage des vieux poils, lissage de la queue, tailler sa moustache, raffermir les bajoues et un traitement d’hypo-machin truc contre la bedaine et les mauvais gras. Mais ce sera partie remise car l’année est déjà finie. Je l’ai donc remerciée pour cette rétro de l’année, ce n’est jamais de tout repos de faire un bilan quand le hamster roule vite (sic), et je lui ai offert un peu de thé tchai pour son obésité. Car l’an prochain, je crains qu’elle ne puisse plus remonter…prendre l’air.

Elle m’a fait signe, du genre -ne crains rien, j’ai encore à faire- et je suis rentré au pays. L’année est commencée et je ne veux pas rater la défaite des arbres de Noël sur le trottoir! Bonne année les moustaches ! (à suivre …)

Ça bouge, au nom de la Planète !

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Les Québécois-es ne sont pas frileux !

Quand l’on constate le mouvement de balancier de gauche à droite, il convient de prendre la base par le cou, et le haut par la gorge pour exprimer haut et fort, en criant ou en chantant que les citoyens-nes ont déjà payé un large prix pour une vie plus sereine. La dynamique sociale évolue au rythme des crises économiques, dont certains font peser le poids sur le dos des ânes, que nous ne sommes pas !

En décembre 2009, lors de la visite de l’ONU à Montréal sur les changements climatiques et la suite du protocole de Kyoto à déterminer, le gouvernement canadien à déclarer forfait. Depuis, le sommet de Copenhague s’est avéré décevant, et les industries minières, pétrolières et gazières continuent dans un discours alarmistes sur nos besoins futurs. Le gain et le capital sont décidément des parasites collés aux hommes. Nous devrons bientôt appeler l’exterminateur.

Assemblée de l'ONU sur le climat. Montréal, Déc.2009.

Assemblée de l’ONU sur le climat. Montréal, Déc.2009.

Il y a eu aussi le sommet de l’ONU sur la nouvelle économie verte, en juin 2012 à Rio (Brésil), où les chefs d’état étaient présents pour discuter de l’avenir des nouvelles formes d’économie mondiale. Nous étions là aussi, au sommet des peuples de Rio, pour cultiver un autre genre de racines: celles dont les semences ne sont pas modifiées et qui font partie du patrimoine alimentaire des peuples. Et que nous devons protéger des industries multinationales de l’agro-business.

En 2010, les Boliviens se sont mobilisés contre la privatisation de l’eau, réalisée par l’État et remise en cause par des manifestations monstre des syndicats, des paysans-nes et des institutions locales; le gouvernement a du faire arrière. L’eau était devenu un enjeu de survie et un enjeu symbolique sur l’accaparement des terres et la dépossession des habitants (D. McNally, 2010).

Ici, au Québec, les citoyens-nes sont de plus en plus sensibles à la question de l’eau, des rivières, du fleuve St-Laurent, et des tentatives pour marchandiser cet élément de vie. Le 22 avril 2012, à Montréal, plus de 250,000 personnes ont marché pour le Jour de la Terre, partant de la Place des Arts vers la face est du Mont-Royal, arborant une main gigantesque en guise de  »stop » aux méfaits causés à la planète.

En octobre 2014, ce sont les journées bleu Terre, animées par la fondation David Suzuki, qui génèrent un regain d’énergie pour la planète au parc Maisonneuve avec plus de 3,000 personnes qui ont chanté avec les artistes québécois-es sous un soleil radieux. (http://www.davidsuzuki.org/fr/medias/communiques-de-presse/2014/07/la-tournee-bleu-terre-david-suzuki-annonce-une-tournee-nationale-en-automne-2014/).

En novembre, c’est au tour de la mobilisation contre la pétrolière Trans Canada (et Energie Est) de prendre place au centre-ville, à la Place Normand Bethune, point de départ des 2,000 marcheuses et marcheurs vers l’est. Cette compagnie qui vient de voir une fuite d’un document sur sa stratégie de communication mis à mal par les citoyens-citoyennes qui viennent de réaliser tout le potentiel d’une grande compagnie qui veut arriver à ses fins…financières (http://www.rcinet.ca/fr/2014/11/20/serie-noire-pour-transcanada-coulee-par-une-fuite-et-plombee-par-un-vote/).

Nous sommes toujours en novembre et bien que le temps froid s’annonce, d’autres fantômes surgissent des années précédentes, comme la relance du Plan Nord, et d’autres idées se conjuguant à une nouvelle ère appelée  »Austérité » vont venir hanter nos esprits, mais ne calmeront pas nos ardeurs.

Non, nous ne sommes pas frileux !

L’ordre des choses change.

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On assume souvent que l’ordre des choses est établi. Qu’une fois bien réglé, et de plus quand on y participe pleinement, cet ordre sera repéré, observé, et éventuellement transmis. Peut-être,  car c’est de la sorte que fonctionnent les hommes dans un monde en continuelle mutation. Ces mutations sont parfois microscopiques, elles émergent dans les espaces non-règlementés, tels les mouvements sociaux qui auront diverses influences, comme les ondes provoquées par une goutte d’eau dans la flaque.

La mondialisation a ses effets très réels sur les êtres humains: resserrement et/ou laxisme de nouvelles règles économiques et commerciales, règles de comportement et d’attitude en public ensuite, règles institutant de nouvelles idéologies de type morales et pseudo-éthiques dictant les bonnes postures. L’homme n’en est pas à une contradiction près.

1550-avant St-Laurent

Les grands maîtres ne sont pas ceux au grand charisme mais ceux aux grands pouvoirs pécuniers, et ils aiment les hauteurs. Ils siègent dans les tours d’ivoire de plusieurs étages où oeuvrent les sous-fiffres cléricaux.

 

Mais les temps changent. Le balancier de la finance est en déséquilibre et se promène de droite à gauche selon les pierres ajoutées dans les coupoles de cuivre. Tous regardent l’opération des budgets établis par la hiérarchie élitiste, et se regroupent selon des valeurs qu’ils ne convient pas d’oublier (ou de se rappeler). Les sociétés se transforment au fur et à mesure des mouvements qui la traversent, des cris populaires ou des conflits politiques, ici au Québec, et ailleurs, en Tunisie, en Égypte, en Équateur. L’ordre établi ne l’est plus.-

La 27è nuit de marche à Montréal

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Un beau soir de printemps, dimanche, 20 mai, 8h15 pm, rendez-vous au Parc Emilie Gamelin. STOP-tout es calme, environ 1,000 personnes, quelques drapeaux-STOP-20h40, l’appel à la marche est lancée, sur Berri-sud-STOP-20h45, la marche est déclarée ‘illégale’ pourquoi? personne ne sait-STOP-vers René Lévesque ouest, nous sommes calme, aucun grabuge, policiers qui bloquent devant, 5-6 chevaux derrière-STOP-virage à droite sur St-Denis vers le nord, oups, on est tous illégaux !-mais c’est le calme, il paraît que des policiers ont reçu des pierres-STOP-virage vers l’ouest sur Ste-Catherine, illégal car en contresens ! les policiers bloquent l’arrière, bloquent du nord et de l’est-STOP-un homme âgé à vélo se fait bloquer par un cavalier du SPVM, il tombe, des gens l’aident-STOP-On remonte sur St-Denis, où la veille, des gens furent gazés dans un bar, virage à gauche sur Ontario-STOP-l’anti-émeute provinciale ferme la marche, et devant, avant Place des Arts, on coupe la marche, les bombes sonores sont lancées, 3-4.-STOP- On arrête le temps de réfléchir, 4 groupes se reforment, certains contournent vers le sud sur Ste-Catherine, d’autres montent sur Sherbrooke.-STOP- Après 15 minutes, on remonte St-laurent et on rejoint le groupe déjà sur Sherbrooke, direction ouest. -STOP-Encore au moins 1,000 personnes.-STOP-Et là, l’anti-émeute tire les bombes sonores et quelques bombes lacrymogènes, la foule se disperse vers le nord et prend Milton-STOP-Les gens courent, il faut se calmer, les uns aident les autres qui se sont accrochés dans des vélos et des voitures bloqués de travers-STOP-Au coin de Milton, c’est la trappe, les policiers ont remonté Du Parc, d’autres venaient de l’est sur Milton; ils remontent Du Parc vers Des Pins, mais pas le temps d’y arriver-STOP-j’aidé une jeune femme qui a eu un coup de matraque, elle est activiste…et marche, comme beaucoup d’autres.-STOP-Trop tard pour prendre du Parc, le coin est bouclé, on entre juste à temps dans le Bistro du coin, se reposer un peu, elle, elle est encore sous le choc, une blessure à la main, une bosse à la tête.-STOP-Je prends des photos de l’intérieur du bistro, il fait chaud dehors, mais pas trop de bousculade, la foule et les lignes jaunes avancent et reculent, mais nous, on est coincés.-STOP-Bombe sonore, deux fois, courraillades, retrait, la ligne jaune (du SPVM) est devant la sortie du bistro.-STOP-Au moins le café est bon, mon amie relaxe un peu, elle ne veut pas retourner seule à son hotel.-STOP-22h00, je vais la reconduire, la ligne jaune a reculé et on sort avant qu’ils ne reviennent. Je quitte, j’ai mal au coeur.-STOP-23hoo, tout est sur RDI-STOP.

La ligne dure.

Une récession, un symptôme mal identifié.

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Fin septembre 2011, une chute libre se prépare, sous le couvert de nuages sombres et de belles paroles banquières.

Le temps vire du mauve au violent noir, annonçant les déboires, bourse en baisse, prix de blé, de l’orge, du sucre, du soja, des fèves, du seigle en hausse, sous la pression de ceux qui vont perdre.

L’or, l’argent, le cuivre, zinc et  suintants perdront leur éclat reluisant et attrayant et demeureront simples métaux de décoration.

Les mouvements sociaux de citoyens-nes résistants-es se propagent, à Washington, à Montréal, au Yémen, en Égypte, en Angleterre comme des contre-virus sociaux. Bonne santé !

D’abord, en passant par la rue McGill College, le 24 septembre initié par deux citoyen-ne, puis le 8 octobre à la place des drapeaux au stade olympique, et ça se poursuit le 15 octobre. C’est l’initiative du ’22 septembre’.

Les étudiants en grève depuis le 16 fév. 2012

Mais le sous-sol gronde, les citoyen-nes jeunes et vieux se rendent bien compte que l’économie moderne gruge leur quotidien. L’élastique est tiré, les joueurs ne veulent plus jouer, ni se situer entre le loup et le choux. Les indigné-es se lèvent et prennent la place publique, celle qui leur revient finalement. Mais les négociations  ne sont pas faciles avec tous les roitelets de la ville, et en fin de novembre, les tentes des idigné-es, devenues symboliques par leurs apparats doivent être démontées. Mais rien n’est perdu, le centre névralgique se déplacera dans les quartiers de décembre à février. Et puis, une autre traînée de poudre prend feu lorsque le gouvernement annonce dans son budget 2012-2013 une forte hausse des droits de scolarité ! Là, la fumée sera dense ! Un beau printemps érable !