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Des chandelles pour le printemps

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Nous sommes en avril, le 5 pour être plus précis. La pluie froide nous innonde et bientôt, elle gèlera sur tous les paysages.

Le soir, le courant tombe sur tout le territoire du Québec; en fin de journée, nous serons plus de 1,2 million de foyers dans le noir. C’est à la fois beau et dramatique.

Nous sommes dans une société développée, mais dame Nature n’a que faire de nos prétentions à vouloir tout prévoir; nous apprenons à vivre sans courant et sans technologies, dans une sorte d’inconfort à redécouvrir.

Après trois jours, nous avions l’électricité surtout à Montréal, à 50%; en région c’était plus autour de 25-30%. Les représentants officiles nous prédisaient tous les jours ‘des jours meilleurs très bientôt’. Les gens sont impatients et ils en demandent toujours davantage; on peut comprendre cela, sauf qu’il n’y aura pas de miracles.

La pluie recouvre tout, tout tout autour, de 8 à 15 cm de glace, les arbres craquent, des branches tombent, sur les trottoirs, les autos, les bordures de toitures, coupant les fils électriques et ceux qui transmettent l’internet. Les 3 premiers soirs, des pâtés de maison dans l’obscurité, des feux de circulatuion éteints, des immeubles qui deviennent invisibles, nous revenons à l’ère du feu.

Il ne fait pas si froid, nous sommes en avril après tout, mais c’est humide, chez moi et chez tous. le vendredi, 2 jours plus tard, le soleil a tout fait fondre, plus de glace, et là nous voyons les nombreux dégâts, à ramasser dans les semaines à venir.

Nous nous rappellerons: les chandelles, les douillettes, certains feux de bois, des incidents dûs au gaz, deux décès. Mais rien de comparable avec les pannes de janvier 1998; l’Évènement avait duré 25-30 jours !

De 2012 à Rio de Janeiro+20, le Sommet des peuples.

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Juin 2022.- Nous étions des centaines, des milliers à converger vers le Parque de Flamengo, Praia de Flamengo, près du quartier de Catete, en délégation de découverte et de participation au Sommet des Peuples de Rio+20 au Brésil, du 15 au 23 juin 2012. Il y a 10 ans, c’était aussi la conférence des Nations Unies sur le Développement durable. Un 3 ème grand rendez-vous sur la bio-diversité et le développement durable ‘nouvelle mouture’. Le thème portait sur la ‘Nouvelle économie verte’, une expression dont on se souvient aujourd’hui encore, mais pas pour de bonnes raisons.

Nous voulions être là, nous devions être là, avec les habitants des communautés du Brésil. Un pays relativement bien positionné à l’échelle mondiale et dont le gouvernement cherche tout de même à exploiter ses richesses naturelles: dont celles de l’Amazonie. 

Nous étions 350 du Québec parmi les 55,000 participant.e.s. venus de nombreux pays du monde. Les syndicats, les écologistes, les éco-féministes, les militant.e.s. porteuses de voix locales. Près de la mer, le long du parc, des centaines de chapiteaux, au milieu des arbres, des étangs, à proximité du fameux -pain de sucre-. Nous étions, et moi inclus, devenus des éco-anxieux. Car, depuis la 1ère conférence de Stockholm de 1972, puis le grand sommet de la terre sur la bio-diversité de Rio 1992, il y a de quoi être apeuré. Durant toute la semaine du 15 au juin, j’ai arpenté les rues tout autour, les yeux écarquillés devant les couleurs de la ville, dans les parc, sur la vie nocturne animée, dans quelques lieux symboliques, à l’écoute de ce qui se tramait, entre la vie quotidienne et l’angoisse d’un futur indéterminé. Bien sûr, pour une première, c’en était toute une ! Entre les soupers de contact, les rencontres d’échange multi-langages, les textes à préparer pour Montréal, et une visite surprise avec les groupes syndicaux, à 40 kms de là, là où avait lieu la conférence des chefs d’état de la Conférence, après être passé par l’hôtel où était hébergé notre 1er ministre Jean Charest.

Les mots inspirants ne manquaient pas, les découvertes de la ville non plus. Comme l’escalier du célèbre artiste Sélaron, le Musée national de Rio, les arbres et les plantes du Parque de Flamingo, le fameux Cristo Redentor perché sur la colline surplombant Rio. 

Et surtout ! les artistes, les militant.e.s. qui luttent pour leur environnement, comme chez nous du reste, avec vigueur et ténacité, sur les bords de la plage, entre les arbres, avec toiles, peinture et slogans, témoignages vibrants des réalités locales, au Brésil mais aussi au Pérou, en Bolivie, en Équateur, au Mexique (etc). Tous les jours, des groupes marchaient en groupe autour du parc, tantôt des femmes pour la protection des océans, tantôt des autochtones de diverses communautés pour leur territoire -loin en Amazonie, là où ont eu lieu des forums sociaux, à Belem en 2009 entre autres- . 

Et pour la suite !

Les enjeux soulevés lors de ces rencontres touchaient les migrations forcés, les changements climatiques et leurs impacts, l’autonomie des peuples et de leurs territoires ancestraux, la violence sociale sur les femmes et les enfants, la destruction des animaux de la faune, l’exploitation des travailleurs migrants, le capitalisme moderne toujours puissant, le patriarcat dominant, entre autres. Ces enjeux sont encore toujours d’actualité.

Depuis ces années, on peut suivre les suites de ces grands mouvements, les mobilisations populaires ont fait des petites et grandes vagues, toutes aussi importantes les unes que les autres; on peut penser, ici aux:

  • Mouvement Elan global:
  • les Altermondialistes
  • aux grèves étudiantes depuis le geste de la jeune Greta Thurnberg en Suède, en 2019 :
  • aux forums sociaux locaux: au Saguenay, à Sherbrooke, en Outaouais, à Joliette:
  • au Forum social mondial-Montréal en août 2016:
  • aux autres forums mondiaux: dont la Tunisie en 2013 et 2015, le Mexique en mai’2022 
  • Au collectif Transition juste en 2021
  • Et toutes les initiatives en agriculture urbaine dans les villes du Québec, dans les quartiers, dans les ruelles.
  • Les actions de reconnaissance et de dialogue des Peuples autochtones, de leurs cultures, de leurs revendications et de leurs souffrances passées.
  • L’implication des syndicats dans les alliances internationales avec les travailleur-euses migrant-e-s et dans les milieux d’exploitation.
  • Les mouvements étudiants des écoles, des collèges, des universités pour soutenir les luttes des femmes, les nouvelles solidarités locales et nationales,
  • et tant d’autres…

Les ondes, lentes et vibrantes, de ce genre d’événement se sont répercuté en grand nombre, sur tous les continents, certaines sont plus visibles que d’autres. Aujourd’hui, les ‘fourmis’ dont Chico Whitaker (du Brésil) a souvent parlé -pour piquer Goliath- sont à l’oeuvre, chacune ou par colonie, dans tous les aspects de la vie sur la planète, et souvent là où leur vie est en danger. Mais nous sommes toujours là, et les jeunes générations sont là pour témoigner de la colère qui gronde.

  • En guise de références, on peut consulter et lire : Journal Alternatives, rabble.ca, wsf2012, certains site en espagnol et en portugais, des encarts dans Le Devoir, La Presse et autres quotidiens locaux au Québec.

Au passage, je salue les gens du YMCA Centre-ville de Montréal qui m’ont permis cette exploration terrestre dans un pays lointain et les altermondialistes et militant.e.s. d’ici et d’ailleurs qui luttent pour les droits humains et ceux de la planète.

Saludo ! Kwé !

https://www.ledevoir.com/environnement/352859/sommet-des-peuples-pour-poursuivre-la-lutte-en-faveur-d-une-justice-sociale-et-environnementale

Sources: https://www.pressegauche.org/DELEGATION-QUEBECOISE-AU-SOMMET-DES-PEUPLES-DE-RIO-20-17-JUIN-2012

Entre l’obscurité et la lumière; l’année 2020

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L’année 2020 est terminée. Elle a fait couler beaucoup d’encre sous des plumes, plus ou moins belles, selon les mois et les semaines qui passaient, en laissant des traces bizarres et un arrière goût dans les gorges. Notre planète bleue, bien que malmenée depuis des décennies, est bouleversée et a produit son propre mécanisme de défense, comme un scorpion acculé dans le coin du ring.

Entre le 13 mars 2020 et la nouvelle année, Dame Nature nous aura envoyé la grande faucheuse pour 2 millions de personnes, en n’épargnant aucun continent, aucun pays. L’épidémie de la COVID19 /SRAS-2, devenue pandémie mondiale, affecte maintenant une centaine de millions de personnes dans le monde sur 8,5 milliards d’individus; c’est énorme et désastreux. Plusieurs disent qu’il fallait s’y attendre, s’y préparer, mais comment faire. Ce fut d’abord la stupeur, puis le doute, et puis la paralysie physique et mentale qui nous a gagnés et qui nous laissent un peu comateux depuis.

Aujourd’hui, 14 mars 2021, les courbes descendent, la pandémie ne lâche pas, les virus se transforment et forment leurs dents sur les plus jeunes. 2,5 millions de décès, des centaines infectés. Les règles s’ajustent, au travail, dans les hôpitaux, dans l’achat des vaccins et ses distributions. Notre voisin américain est loin du contrôle souhaité, on se demande pourquoi. En Europe, dans les nombreux pays du Nord, le vent propage la tragédie, surtout par temps froid; elle nous colle à la peau depuis des mois pendant que nos corps souffrent de solitude et de détresse entre le coeur et la raison, entre les parois fragiles de nos cerveaux. Les hommes deviennent sédentaires malgré eux, peut-être serons nous nomades demain, au futur. Le 13 mars de l’an dernier marquait le début de la stupéfaction, pour tous et chacun ! et puis,

L’année 2020 se poursuit, en distanciation, masquée, sournoise et une dynamique mortifère. Nous aurons perdu des êtres aimé.e.s., des proches aidant.e.s, des soignant.e.s., des ami.e.s., des parents et leurs parents et ancêtres. Nous avons perdu des histoires, et ce fut si rapide et que nos pieds et nos jambes vacillaient, comme dans un grand vertige, comme dans un film de catastrophe que l’on sait toujours ‘fiction’.

Toutefois, quelques notes joyeuses sont sorties de ce tourbillon. Nous aurons 13 pleines lunes aussi, un événement exceptionnel semble-t-il; la 12è, en novembre, était bleue. L’atmosphère s’est éclaircie de la contamination au CO2, du moins dans la dernière année. L’économie s’est effondrée mais les gouvernements ont injectés des milliers de G $ dans le respirateur commercial.

On verra les résultats l’an prochain…

Journal d’Espagne, la Galicie et la bruine

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La route en avion était assez longue, entre Montréal, Zurich et Porto pour ces deuxièmes vacances en Espagne, c’était le moyen pour découvrir la ville de Zurich pour une douzaine d’heures. Je n’avais pas pensé que j’y arriverais un dimanche à 8h00. De l’aéroport à la gare centrale du vieux Zurich à l’entrée du lac de Zurich, 4 stations de métro, puis c’est le ravissement, je suis ailleurs ! Inutile de dire qu’il n’y a pas grand chose ‘d’ouvert’ par un beau dimanche, sauf les paysages le long des canaux qui mènent au lac. La citée montre son côté de grande richesse, et lorsque le café, ma drogue du matin, me revient à 5CF (franc suisse), je l’apprécie pour au moins 30 minutes.DSC_9355

Puis, départ à 17h00 pour Porto et la suite se passe sur la côte ouest espagnole, en galicien !

Le copain hôte m’accueille et nous préparerons au jour le jour nos excursions tout autour, il y a beaucoup à voir et j’aime l’histoire, alors ‘Vamos’ pour une dizaine de jours.

Je connaissais peu Pontevedra et donc mes premières marches se font pas à pas, du côté de la vieille cité, avec ses rues piétonnières, ses églises, ses marchés publics, ses cafés et tobaccos, et quelques touristes locaux qui commencent à profiter du beau temps. La température est moins chaude que lors de mon départ de Montréal, entre 14C la nuit et 16-19C le jour; nous sommes sous une bruine constante sauf quand pointe le soleil pour un petit quinze minutes très apprécié. Mes pieds se promènent tous les matins, entre les basilique Santa Maria, San Bartolomeo, la basilica de la Peregrina, le café Stratos, la bibliothèque municipale, les ruines d’une très ancienne église, le rio de los Gafos, le parvis de l’allée centrale Alameda.

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Ruinas de Sto Domingo, Pontevedra.

 

Et nous parlons, des Galiciens, de l’histoire des conquêtes, des conflits avec l’Espagne entre le Xè et XVè siècle et de politique nationale. J’y apprendrai qu’il y a eu d’importants conflits avec l’Espagne de la régente Isabelle de Castille, que la Galicie a été envahie par les Celtes, qui ont repoussé les Vikings sur la côte ouest…Je vide mon esprit pour mieux m’imprégner de ce magnifique environnement, car 10 jours, ce n’est quand même pas si long! Dans les jours qui suivent, nous faisons les villes de Marin, Caldas de Reis, à l’intérieur de la Ria De Arousa, vers le nord.

Au Parque arqueoloxico da Arte Rupestre de Campo Lameiro, la visite est sous le soleil, pas vu depuis 2 jours, et nous marcherons dans l’espace aménagé en petits sites, marqués de stelles et de pétroglyphes, là où les traces des Celtes témoignent de leur conquête, et datant des IIIè et IIè millénaire B.C. Fascinant !

 

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Stèles au Parque Arqueoloxico, mai 2018.

Comment imaginer le travail de pierre-sur-pierre pour illustrer le mode de vie, les croyances, la survie ! pour le futur. Des travaux qui sont maintenant des œuvres et des traces immuables des prédécesseurs à l’Âge du Bronze. Nous continuons notre route, mais après avoir dégusté une super pizza aux anchois et une Estrella ! au village voisin.

Retour par le N-550 sud, la route suit le relief montagneux de la Galice, collines et vallées, bord d’océan font en sorte que le ciel change vite de couleurs, il peut s’embrumer en quelques minutes puis c’est l’heure du paragua (parapluie) quand ça tombe !

Je me prépare car je pars bientôt pour 4 jours à Santiago de Compostelle (St-Jacques); j’avais préparé quelques notes avant mon départ de Montréal mais tout est resté sur près de l’ordinateur, je refais donc mes devoirs pour avoir une belle randonnée. Nous quittons le 4 juin sur la route vers St-Jacques, à environ 100 kms de Pontevedra. Un peu de pluie, un peu de bruine, un tantinet de soleil. Nous trouvons le logement familial où j’ai réservé, à 30 minutes de marche du ‘vieux’ Santiago. J’y pensais depuis si longtemps que ai le cœur en vrille ! Au début, je songeais faire le chemin qui mène au bout des caminos vers Muxia, dans le Finistaire, sur la côte ouest, là où la rumeur dit que les pèlerins déposent leurs vieux apparats après le pèlerinage. C’est à 90 kms…mais ce sera pour une autre fois, lorsque mes genoux se porteront mieux. Déjà, sur place, il y aura tant à voir !

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la cathédrale de St-Jacques, côté nord, 2018.

J’ai 3 jours complets devant moi, et donc, je pars rapido de l’Avenida de Rosalia de Castro vers le Parque de Alameda, un parc immense un peu en hauteur, surplombant la ville et constitué des grands arbres de la Galice; les sentiers sont magnifiques et mes yeux tournoient à la vue de cette nature généreuse.

 

 

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Arbres du parc Alameda

Au parc Amaleda, une affiche indiquant qu’il y aura une manifestation le 10 juin contre un projet -existant- d’une minière extractive; cela me lie aux ami-es du Québec qui luttent contre l’exploration et l’exploitation extractive…photo-clic! Je poursuis le contour du parc sur 3 kms avant de pénétrer dans l’enceinte du vieux St-Jacques. Les anciens bâtiments, toujours debout, témoignent de cette histoire de St-Jacques apôtre mais aussi des premiers régents (rois), des pèlerin-es qui ont fait les ‘caminos’ en partant du Portugal, du sud de l’Espagne, de l’Est ou du Nord via la France. Le centre est envahi de touristes-pèlerins qui portent le sac à dos, le poncho -paraguas- ou le bâton de pèlerinage avec, en gravure, la coquille de St-Jacques. Un habitant me disait qu’actuellement, ils sont plus de 120,000 à marcher dans les sentiers de Compostelle chaque année. Je pratique donc mon espagnol et mon portu-gnol, langue prédominante en Galicie.

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Bassin dans l’Office des pèlerins, St-Jacques

Puis, je fais le contour de la vieille partie par l’extérieur par la Rua dos Carretas, Costa de San Francisco, Rua dos Rodos, et Rua da Virxa da Certa, près des marchés publiques et de l’Université de Santiago. Entre ces espaces, les ruelles sont plus petites et sous la pluie, les gens se cachent sous les proches et les arcades des bâtiments; ces lieux permettent alors les causeries du coin, entre connus et inconnus (comme je suis).

Le pèlerin poursuit son chemin à la croisée des vestiges du temps passé et en cours, pour voir d’autres contrées et leurs beautés.