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15 octobre

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Octobre 2012 : que reste-t-il de Occupy Montreal? (15/10/12)
Au 15 octobre 2011 et à l’appel de citoyens sur les réseaux sociaux, des gens se sont rassemblés à la Place Victoria, devant la statue de la reine du même nom. Le mouvement Occupons Montréal débutait en occupant cette place, devenue le symbole d’une résistance populaire sans précédent, ici au Québec, et aussi dans le monde. Le contexte s’y prêtait justement, car aux États-Unis le mouvement Occupy Wallstreet était déjà bien enclenché depuis la mi-septembre dans le Zuccotti Park, au centre du quartier des affaires de Wall Street à New-York. Là-bas, les citoyens rassemblés pour une cause et de nombreuses raisons prirent place dans l’intention d’une part, de porter des messages haut et fort et d’autre part, de montrer ‘’la profonde division sociale créée par l’argent et ceux qui en possèdent’’. Ils ont vécu plusieurs problèmes aussi. Non-tolérés, encadrés par les policiers qui au fil des jours ont procédé à de nombreuses arrestations, sur le pont de Brooklyn, près du parc, dans les allées latérales près de Liberty Plaza. Les témoignages livrés dans Occupy Wallstreet (Éd. Verso, 2011, et des Arènes, 2012) décrivent bien les diverses motivations et raisons de ce déploiement, certes tout azimut, mais ancrées dans la solidarité et la dénonciation publique. Car, c’est dans un bain de foule que l’on rencontre tout de même le plus de gens à qui l’on peut demander pourquoi ils sont là ! Parce qu’ils cherchent désespérément un emploi (ou ne cherchent plus), parce qu’avec les diplômes obtenus viennent les dettes, parce qu’ils doivent bosser sur trois emplois pour arriver à boucler un budget, par que des enfants ne sont pas nourris malgré la croissance du pays, parce qu’à l’avenir ils paieront plus cher les biens et services disponibles et bien d’autres choses encore. Les témoignages états-uniens et montréalais en font foi ! Cela s’est passé aussi à Oakland, à Philadelphie, à Los Angeles, à Atlanta, à Boston, à Washington, dans des climats parfois difficiles et épuisants.
À Montréal, c’est ce même portrait que j’ai trouvé à la Place Victoria en octobre 2011, qui d’ailleurs, était située au cœur de plusieurs édifices commerciaux et financiers, symboles des grandes puissances de notre monde ‘en pleine croissance’: la tour de la Bourse, le Centre commercial international, Quebecor médias, Hydro-Québec, la tour de la BNC.

Ici au Québec, quelques rappels de mobilisation ont circulé dans les réseaux sociaux et de la part de militants encore actifs sur la scène des revendications sociales à Montréal et à Québec. Il faut être connecté pour les suivre. À l’été 2012, deux bouquins sont publiés sur les événements du mouvement de 2011, comme pour figer les paroles, les gestes et les motifs revendicateurs dans des écrits disponibles pour tous. Un exercice de mémoire pour l’émancipation collective. Ils nous rappellent des vécus individuels marquants, des faits troublants : étudiants sur-endettés, chômeurs très inscrits, familles immigrantes sans travail et sans revenus, pères de famille ruinés par la crise économique de 2008-2010. Des situations pour lesquelles on peut qu’écouter. C’est ce qui manque dans notre entourage, dans les bureaux, dans les chaumières qui roulent à un rythme trop rapide; écouter, réagir, ajuster ne sont pas dans l’agenda des finances et ceci a des conséquences que l’on connaît tous. Et c’est justement aussi ce qui a généré la prise de conscience sous le thème ‘’ Nous sommes le 99%’’, en lien direct avec le même impératif qu’aux États-Unis. Conscients qu’ils sont, d’être floués dans plus d’une partie de leur vie, les citoyens ont prit possession des anciennes arénas romaines et grecques pour exprimer leur trop plein de désarroi et de souffrance : les parcs ! Les témoignages citoyens sur Occupy Atlanta, Occupy Oakland, Occupy Los Angeles, Occupy Washington et autres décrivent chaque contexte particulier, dans la continuité des luttes populaires américaines (Howard Zinn) qui ont marqué l’histoire des États-Unis, comme Occupy Montreal, Occupy Quebec marqueront l’histoire des luttes québécoises.
L’occupation montréalaise de 2011 aura duré 6 semaines, du 15 octobre jusqu’au 29 novembre 2011, après moult marches, assemblées publiques et déclarations verbales consensuelles ou non; mais le campement de fortune du metro Victoria n’a pas pu durer à cause des revirements de la municipalité. Toutefois, les idées des uns ont croisé celles des autres à la veille du dépôt du budget provincial en février 2012 et par la suite, les événements s’enchainèrent : une hausse du ton citoyen contre les nouveaux frais de scolarité en février 2012, puis contre la promulgation de la Loi 78 en mai, contre les arrestations tactiques des policiers, ce à quoi donc, se sont ajoutés le tintamarre des casseroles en mai, les foules grandissantes (de 120,000 personnes en mars jusqu’à 250,000 le 22 avril) et enfin, des élections générales en septembre. L’agenda politique s’est trouvé confronté à l’agenda populaire, ce qui n’était pas prévu au calendrier de l’état québécois !
Et depuis ? Vu de l’intérieur, il y a eu les gains décrits plus haut; vu de l’extérieur, une plus grande conscience de la liberté bafouée, des chaînes que l’argent et le crédit mettent aux pieds de chacun, comme aux États-Unis où les dettes personnelles de plusieurs étudiants/chômeurs-manifestants étaient de l’ordre de $50,000 à $130,000 et plus. Se faire une vie avec ce type de bagages ne fait pas partie des rêves de chacun.

Durant tout ce grand mouvement, les citoyen-nes auront réfléchi sur la liberté, ou son absence. Ils ont re-mis de l’avant le pouvoir d’agir citoyen et de manifester librement, dans les espaces publics, même sous le regard des policiers et des élus qui regardent de haut les occupants; car pour de nombreux penseurs-militants-citoyens de cette dynamique, nous avons troqué notre liberté, en participant sans restriction aux diktats de la société telle que vendue aux hommes et ce, autant pour celle de Zuccotti Park que du Square Victoria. La liberté est à reprendre et à exercer ouvertement et publiquement. La manifestation d’aujourd’hui à la place Victoria, 15 octobre 2012, a réuni une centaine de personnes, mais elle s’est terminée par trois arrestations suite à des actes de violence. Dans les campements états-uniens, les discussions sur la non-violence furent nombreuses et elles n’ont pas toutes eu l’écho espéré dans les occupations, faute de consensus entre les diverses positions des occupants. Pour certains, le but visé des occupations a été atteints, pour d’autres, pas tout à fait. Car il y a encore beaucoup à faire pour changer le monde et le transformer dans ses racines profondes. Lutter pour la justice sociale de celles et ceux qui ont un poids plus gros sur les épaules est un travail de solidarité sans fin et de longue haleine. –H-C. Baudot

Parlera-t-on encore de l’écologie ?

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Chez nous, mais pas seulement ici, l’environnement est une source constante de préoccupation sociale. Les revendications sont nombreuses pour identifier les pistes d’une meilleure protection de notre environnement dans le nord du Québec, face au développement forestier et minier,  près des grands centres urbains, face au nucléaire, dans les eaux territoriales, face à la diminution et la disparition des espèces, dans l’agriculture, face à l’industrie agroalimentaire grandissante.

Mais pourquoi ça ? ne pourrions-nous nous contenter de ce que nous avons, sans s’en soucier ? Beaucoup sont comme ça. Mais pas tout le monde, et heureusement.  Et depuis longtemps déjà. Encore plus depuis les échecs cuisants des pays membres de l’ONU lors des sommets sur l’environnement de Rio en 1992, de Johannesburg en 2002 et de Rio, encore, en 2012, sur…sur…voilà le hic !

Normalement, ces rencontres de haut niveau (gestion supérieure) devaient accoucher de politiques et de mesures pour mieux protéger l’environnement et pour mieux contrer les effets destructeurs du développement, industriel en majeure partie, lié aux push (putsch) des grandes industries du monde: les pétrolières et les minières, l’agro-alimentaire, l’automobile, l’aviation, les infrastructures. Surtout, surtout, depuis que l’on connaît mieux les impacts sur l’environnement : eau, terre, nappes phréatiques, océans, climat, des activités de développement. A moins d’avoir une tête d’autruche, on sait aussi que ces activités sont des faits de l’homme, non des plantes !

Tout le dilemme, qui devra un jour être résolu, reste selon moi, dans la conscience que nous avons de notre responsabilité socio-politico-environnementale; ou un brin de morale. Une discussion avec un ami et étudiant en écologie de l’université de Montréal tournait autour de la responsabilité partagée dans cette problématique, car problématique il y a et c’est peu dire. Une responsabilité individuelle d’abord, qui mène à une conscience collective, et une responsabilité sociale : les impacts dans la société de nos gestes et de nos comportements. Or, tous les notables de l’économie et du développement nous rabâchent l’action de  »la main invisible », ou de  »la pieuvre dont nous ne contrôlons pas le rôle (…) », comme un inconscient qui agit sur nous, en nous, sans relâche et qui fait miroiter, que sais-je, le paradis sur terre (sans doute !). Nous sommes davantage dans l’adage  »charité bien ordonnée commence par soi-même » plutôt que dans la recherche  »du bonheur pour autrui »; parce que si nous cherchions le bonheur d’autrui, nous n’en serions pas à la croisée des chemins, entre les hommes de bonne volonté.

L’acculturation est un phénomène cognitif sournois. Elle est constituée d’un glissement identitaire de soi vers l’autre, ou de l’autre vers soi. L’éducation des parents vers leurs enfants en est un bel exemple, puis celle, moins formelle, des enseignants auprès de leurs élèves, et encore, celle de tous les acteurs sociaux visibles et des médias vers…leurs sujets. C’est-à-dire nous ! S’adapter, changer, se transformer sont probablement tant d’activités humaines qui visent à mieux se comprendre, entre nous, à mieux digérer le monde changeant, et a nous faire avaler des couleuvres, incluant les médicaments post-opération. Combien de médicaments devons nous avaler pour mieux digérer l’indigeste ? Une panoplie ! Et je ne parle seulement des petites pillules vertes ou bleues.

Comme alternatives nous avons quelques choix. Consommer davantage de petites pillules multicolores, consommer moins, recycler davantage, forcer les industries à moins produire et donc à moins consommer aussi, forcer les gouvernants à considérer les résidents et habitants du territoire sur leurs besoins, dans le vrai sens du terme ‘autochtone’, couper l’influence des médias ou écouter le silence,.