Les découvertes au FSM2016 de Montréal (9 au 14 août 2016)

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Le forum social mondial 2016 de Montréal s’est terminé lors du grand rassemblement civil au parc Jarry le 13 août 2016, et le parcours pour y arriver était intense et combien stimulant !

Depuis le début de l’idée jusqu’au jour J, la nervosité et les défis nous guettaient. Le travail acharné des organisations, des membres des comités autogérés, des 1000 bénévoles et des groupes de travail, soutenus par l’équipe de permanence, aura abouti à ce grand événement international dans le nord de l’hémisphère Nord à l’été 2016, un défi réalisé non sans peine et avec enthousiasme !

Le forum social mondial de 2016, un pas à la fois ! 

Au jour 2, le mardi 9 août, je me trouve à oeuvrer pour la -documentation du fsm- et donc, je prépare un plan de promenade sur le territoire social mondial (TSM) qui me mènera vers des découvertes comme si j’allais au sud dans un espace inconnu, ici dans l’une des grandes villes du nord. C’est sans doute une bonne approche pour se laisser surprendre au-delà des obstacles et des critiques nuisibles au FSM qui ont débuté au même moment.

La marche du jour 1, le 9 août.

La marche du jour 1, le 9 août.

La marche d’ouverture du mardi 9 août a rassemblé des milliers de participant-e-s et d’organisations sociales et communautaires sur le trajet, quittant le parc Lafontaine jusqu’à la Place des Festivals au son des tambours, des sifflets, des slogans et des bannières aux couleurs des groupes présents qui deviennent de plus en plus significatives avec le temps et sur des revendications en cours ici et ailleurs.

Au fil des promenades solidaires et

après trois ans de planification, le premier forum social mondial (FSM) au Nord est devenu une réalité ici au Québec, pour six jours, un exploit en soi ! L’organisation complexe et avec peu de ressources a tenu une belle promesse, après une germination de 5 ans. L’idée a fait son chemin dans la réalité.

Avant le jour 1, on s'active

Avant le jour 1, on s’active à l’Esplanade, 9/08/16

A l’esplanade Clark, on découvrait les espaces pour les jeunes avec les groupes œuvrant en coopération et en solidarité internationale, avec, au centre, une scène qui accueillait les expressions musicales et artistiques spontanées. Ils seront nombreux à s’y arrêter, nouveaux venus ou anciens participant-es des divers programmes qui existent au Québec afin d’y découvrir le vaste monde diversifié, ses peuples, ses cultures que tous veulent conserver. L’AQOCI, OXFAM, les Maisons de jeunes, les groupes de Scouts, les groupes et hébergements de femmes, les groupes en petite enfance, tous ont moussé la curiosité et stimulé l’échange entre les jeunes esprits en quête de sens et d’espoir. Les découvertes s’ouvrent à chacun-chacune au moment d’y mettre les pieds, sur le large territoire social mondial, appelé ainsi en raison de la multitude des groupes d’âge, des pays qui s’y trouvent et où les ‘alternautes’ -un terme qui désigne une grande partie de la population civile qui compose le vaste monde des indignés, des engagés, des enragés, de défenseurs d’une humanité en péril- s’impliquent dans la diversité des luttes et la défense des droits humains dans le monde.

PISTE, la Banque des serments de la Suisse.

PISTE, la Banque des serments de la Suisse.

Ici tout près, sur un immense mur, côté ouest de cet espace, on a trouvé PISTE, venu de Suisse pour capter les ‘paroles’ du moment : des serments d’engagements et des images cernant justement l’engagement citoyen de chacun-e envers les autres. Adossé à un mur donc, je m’engageais à mon tour devant la camera de Frank, les yeux un peu cernés de fatigue, à parler de celles et de ceux qui s’engagent au quotidien dans leur environnement, dans leur milieu, pour rendre compte de leurs actions selon l’adage ‘’Penser globalement et agir localement’’.

Les traces de pas se multiplient… les participants se promènent de surprise en surprise ! Au long de ce parcours fsm, on croise les bénévoles engagé-es et leur super système D développé et mis à rude épreuve cette semaine là: ils se sont retournés rapidement de situations problématiques en cours de route et ont montré le meilleur d’elles-eux mêmes, toutes dévouées au bon fonctionnement  de ce projet au départ irréel : les bonnes énergies des Jacqueline, Geneviève, Annie, Isabelle, Denise, Marie-Josée, Samia, Marie-Laure, Monika, et des François, Samuel, Roger, Étienne, Patrick, Jean, Vincent, Ludovic, Pierre et Pierre, Marie-Eve, Jean-Guy, Tanya, Jessica, Marie-Pascale, Dona, déployées tout azimut et au diapason des rythmes variables de la planète forum.

L'inscription au pavillon Judith Jasmin et les bénévoles.

L’inscription au pavillon Judith Jasmin et les bénévoles.

Mes pieds fonçent…ils chauffent ! Là, on sent la mobilisation des femmes, importante, pleine et expressive. On ne pouvait que l’espérer et la souhaiter, l’implication des femmes dans les changements sociaux est essentielle par leurs actions et leurs réflexions sur la justice sociale et la justice climatique entre autres; elles portent des messages qui sommeillent en nous, au sein de toutes les communautés de la planète.

La présence des groupes et des peuples Autochtones au Québec, au Canada, en Amérique latine était aussi significative: venus dénoncer haut et fort les conséquences de l’extractivisme sur leurs terres, dans les eaux de leurs communautés, ils nous invitaient à la réconciliation après des décennies d’exclusion et de marginalisation, et appelaient à la protection de la Tierra Madre, en changeant un tantinet nos mentalités ‘de colonisateur’ ! Merci Joseph ! pour les paroles sensées qui nous ramènent dans la vie.

Marche des travailleurs ici au Québec.

Marche des travailleurs ici au Québec.

Un autre jour, près de l’UQAM, les travailleurs-euses (et ceux et celles qui n’ont pas de travail comme tel) étaient bien présents aussi dans l’espace du Quartier ouvrier où les militants syndicaux ont agi pour leurs causes. Et elles ne manquent pas, ici comme ailleurs ! Car le monde du travail a subi de nombreuses et bouleversantes transformations depuis les 30 dernières années, et celles-ceux qui les vivent depuis toutes ces années continuent à lutter debout dans des contextes de ‘négociations formelles’ difficiles, de coupures d’emplois, de restrictions d’association, de réductions de salaires, d’horaires précaires, pour ne nommer que celles-ci. Les citoyen-nes travailleurs-euses voient ainsi les services de l’État fondre au profit d’un autre type de services, privés ceux-là, et ils tentent de porter haut et fort ces enjeux qui affectent les personnes dans le monde du travail et des services publics dans un contexte de mondialisation commerciale qui en excluent un grand nombre. La transition socio-économique mondiale envisagée est beaucoup moins juste qu’espérée et laissent les hommes ‘perdants’ dans sa spirale incontrôlée.

OccupyMontreal, automne 2011.

OccupyMontreal, automne 2011.

Toutefois, dans cette grande tablée internationale, on a remarqué que manquaient quelques membres de la société québécoise et canadienne, moins nombreux que souhaité : les étudiants, ceux qui ont stimulé le printemps érable de l’hiver 2012, les jeunes mobilisés du mouvement OccupyMontreal (ou d’OccupyWallstreet) de l’automne 2011, les plus âgés, floués par la débandade économique de la crise mondiale de 2008-2009; les chômeurs, affectés directement par des coupes constantes dans les programmes sociaux de l’ancien gouvernement canadien conservateur entre 2011 et 2015 et victimes des réformes annoncées du gouvernement libéral actuel au Canada. C’était pourtant un bon temps pour s’indigner davantage ! Surtout avec l’annonce, dès le Jour 1 du forum, du refus des visas canadiens, non-accordés aux invités et visiteurs étrangers (on a parlé de plus de 250 refus…), une douche froide sur cette grande rencontre de nature alternative qui désire plus d’égalité et d’équité entre les peuples et entre les êtres humains.

L'exposition de Claude-P. Nolin au théâtre Ste-catherine.

L’exposition de Claude-P. Nolin au théâtre Ste-Catherine.

La programmation culturelle et artistique s’est comblée de projections de films, d’expositions photographiques, et de sculptures dans divers lieux associés au forum: le centre MAI, le théâtre Ste-Catherine, le hall de la SAT et du Monument National, la scène de la Place du Village, le café Feminista du Cegep du Vieux-Montréal, le hall du Pavillon Hubert-Aquin (UQAM), la Place de la paix, le cabaret du Monument national, la Place Pasteur, la grande place du Complexe Desjardins, autant de lieux pour le plaisir des yeux.

Venues en partie des organisations internationales, ces activités engagées, de danses chorégraphies, de théâtre-forums, de chansonniers faisaient partie de cet  aspect important, libre et universel de toute forme d’expression dans l’espace public,  pour que toutes et tous puissent trouver une place à leur mesure. La musique, le cinéma, les expositions photos, illustraient devant nos yeux des problématiques qui nous semblent parfois lointaines et qui nous rejoignent dans le regard, l’ouïe et le senti.

Un temps en action !

Ainsi, au cours de cette semaine intense, les rencontres se sont succédées, les conversations de bout de table, entre deux portes,  dans les cafés, les corridors, en début ou en fin de marche, au coin de deux ruelles, toutes enthousiastes qu’elles étaient, et où chacun-chacune y trouvait une place personnelle en toute liberté pour exposer -idées, projets futurs, à discuter, organiser avec d’autres groupes du monde, et dans une prise de parole et de gestes personnifiés au cœur de nos vécus ! Les lendemains sont à bâtir, des liens sont à créer pour se reconnaître et agir davantage collectivement face à une destruction massive de nos modes de vie.

Affichage à la Place Pasteur.

Affichage à la Place Pasteur.

Par exemple, le ‘Mur de femmes’, bâti par les femmes militantes qui s’opposent à l’exploration et l’exploitation du pétrole et des gaz de schistes au Québec; leur mur érigé sur la Place Pasteur était visible de loin, d’autant plus dans le contexte de l’assassinat d’une des leurs : Berta Caceres, tuée au Honduras parce que trop militante dans son pays en mars 2016. Une œuvre murale illustrait son visage parmi les femmes. Plus tard, la grande conférence Voix de femmes a porté la suite sur des airs de luttes et de ralliements.

Les jours avançaient trop vite au goût de plusieurs participant-es, le rythme ponctué d’actions subites, instantanées, au style ‘flashmob’, comme celle menée au coin De Maisonneuve et St-Laurent par des citoyen-nes de la coalition « Coule pas chez nous », ou comme le rassemblement pour les travailleurs en grève du Vieux-Port de Montréal et -le salaire à $15 l’heure- au coin De Maisonneuve; ou encore, comme ces caravanes mobiles sur les gaz de schistes de l’Ile d’Anticosti ou du fleuve St-Laurent, ou celle des luttes pour le peuple palestinien, ou encore, celles sur la justice climatique. Autant de temps forts autour desquels se génèrent les alliances entre hommes et femmes de toute génération, entre les individus et les groupes militants. La vie est chargée de ces enjeux dont nous prenons tous conscience.

L’horaire était chargé et rapide ! avec des  centaines d’ateliers par jour, sans compter toutes cette panoplie d’arts visuels et auditifs, parfois manqués, faute de temps. Les forums internationaux sont souvent trop courts !

Les défis, grandioses et exigeants

Quelques pamphlets et dépliants pour le FSM.

Quelques pamphlets et dépliants pour le FSM.

Le défi d’ouvrir l’accès des fsm au Nord était grand, surtout lorsque l’on se compare aux autres forums mondiaux depuis celui de Porto Alegre en 2001. Il y avait aussi celui d’offrir ces occasions multiples et diverses aux plus de 30,000 participants, venus des cinq continents de la planète. Celui de permettre cette prise de paroles qui font de nous des êtres communicatifs. Cela fut possible en grandes conférences, en assemblées de convergence ou dans les centaines de lieux disponibles sur le territoire social du FSM. Des défis colossaux pour un collectif jeune et aux moyens très limités s’adressant à l’univers de la mobilisation altermondialiste ! Heureusement, des militants-es aguerris-es se sont joints à la jeunesse énergique du collectif, car nos liens et nos savoirs entre générations sont essentiels pour notre survie.

Notre conscience s’élargit, d’un grand moment à un autre, et s’ouvre du local à l’international, comme le chemin que j’ai parcouru entre mon 1er forum en 2006 à Caracas et le Sommet des peuples de Rio+20 en juin 2012. Bien sûr, l’on en revient probablement avec trop de pamphlets, trop de dépliants, de livres, de photos, de videos de tels événements, mais l’essentiel des souvenirs en demeureront impérissables !

Des événements au sein de l’événement

Durant la semaine, des événements larges ont aussi mobilisé grandement comme le Forum thématique sur la théologie et libération, le premier Forum sur le nucléaire, le Forum sur les médias libres, les Journées Alternatives, le Revenu de base et la programmation des Nouveaux cahiers du socialisme qui ont attiré des foules convaincues et convaincantes. De belles activités réussies ! où, entre autres, le Forum social des Peuples (d’août 2014 et juin 2015) a invité à une discussion sur son avenir.

Le conseil international en rencontre, 14 août 2017.

Le conseil international en rencontre, 14 août 2016.

Le temps coure, les jours s’envolent à grande vitesse, on ne pourra pas tout voir ! Les deux derniers jours, 14-15 août, ont été en grande partie occupés par les discussions du Conseil international FSM-WSF, à la SAT. Alors que le dimanche était plutôt calme, le lundi fut marqué par des éclats de voix de plusieurs représentants sur, entre autres choses, les positions politiques (et ouvertes) possibles du CI dans les FSM. Sur, aussi, la continuité des forums mondiaux, leur organisation -façon de faire-, et assurer un processus efficace sur le plan de la transformation sociale. Car, certains disent : ‘’Le contexte mondial actuel a de très nombreuses lacunes : en démocratie, sur l’équilibre des richesses, dans les guerres déclarées, dans les finances globalisées, dans l’exploitation de la planète et de ses conséquences’’. Bref, aujourd’hui, les enjeux sont encore énormes au niveau mondial, et donc, les questions souvent posée du quoi faire et comment faire demeurent très actuelles, elles le seront probablement encore dans 10-20 ans.

Et les questions que plusieurs posent à l’issue de cette rencontre : le FSM a-t-il rempli ses promesses, est-il efficace en termes de changements sociaux ? Les prochains forums auront-ils lieu à tous les deux ans, tous les ans ? Le Conseil acceptera-t-il des délégués de la société civile en son sein ? Le Conseil devrait-il prendre davantage de position politique ? Il y a là matière à poursuivre  la réflexion qui ne peut s’arrêter à la seule tenue d’un forum.

La réflexion, à chaud et à froid

C’est donc dans ce contexte que des milliers de personnes se sont déplacées vers Montréal, pour témoigner, discuter, sur les difficultés de chacun dans leur zone respective et sur les solutions à communiquer en guise d’espoir, comme le pense le parrain-fondateur des FSM, Chico Whitaker. Et dans ce contexte également, où des centaines d’autres n’ont pas pu se joindre aux leurs, ici au Québec, faute de visas –à obtenir- et de financements insuffisants.

« Le contexte social, politique et économique ainsi que culturel mondial est on ne peut plus en grande précarité et de moins en moins stable », nous a rappelé Chico Whitaker, lors des discussions des membres au sein du Conseil international les 14 et 15 août : les civils (que nous sommes !) perdent en démocratie, en liberté d’action et en capacité d’influence, les conflits armés entre populations ou entre nations font (encore) des milliers de victimes et de déplacés dans plusieurs contrées en Afrique, au Moyen Orient, en Asie, en Europe de l’Est; les biens communs –terre, air et eau- deviennent inaccessibles ou hors de prix pour des milliers de personnes dans ces mêmes pays; les terres cultivables sont accaparées par les riches gouvernements et des élites multinationales pour leurs propres gains; les conflits d’ordre religieux ou culturels font des fous de nous, par insécurité ou par la crainte des autres, incités par des propos de haine, de discrimination et de harcèlement.

Le gouvernement canadien qui a bloqué l’obtention de visas de séjour à plus de 230 personnes voulant se présenter au Québec pour le forum n’aura pas réussi à empêcher la critique à son endroit. Pourquoi une telle chose dans un pays ‘si démocratique’, du moins, tel qu’on se l’imagine ! La réponse est peut-être dans le pouvoir, justement, ce virus intrusif qui corrompt la gouvernance d’un peuple. Le pouvoir appartient toujours aux dominants, du haut de la pyramide sociale hiérarchique de la gouvernance.

L’agora des initiatives à partir des savoirs de la semaine !

Rencontre d'initiative au parc Jarry, le 13 août.

Rencontre d’initiative au parc Jarry, le 13 août.

Et après six jours intensifs de discussions, sous deux grands chapiteaux de 200 places, les participant-es se sont retrouvés, après 4 jours intensifs vers les actions possibles : les initiatives, qui viendront dans le temps illustrer le dynamisme des citoyen-nes du monde, agissant dans leur communautés, pour les droits de tous, en veillant au bon grain d’une nouvelle humanité. C’est donc un espoir partagé malgré la bruine du jour. Tout près, à l’entrée des tentes, se tenait l’un des projets citoyens montréalais qui prend de l’ampleur: les frigos communautaires, dont des participant-es impliqué-es dans les ‘fridge’ des quartiers centre-sud, Rosemont, Petite Patrie, Parc-Extension, Anjou animaient la distribution d’aliments gratuits pour tous. Une initiative heureuse qui a vu le jour dans la métropole depuis quelques années et qui vise à récupérer des aliments non-vendus afin de prévenir le gaspillage énorme dans notre société.

Les effets secondaires post-forums 

Ils seront nombreux ces effets et pour beaucoup; il y a le positif et le moins rose…Pendant plusieurs semaines, les individus, un peu déboussolés (sic) par ce tourbillon des idées en live, ont eu, par la suite, à se ré-installer dans un certain quotidien qui fut le leur ou qui aura changé. Je me rappelle le temps qu’il m’a fallu au retour de la 3ème rencontre internationale, à Quito en 2005, sur la militarisation de la planète…et de ses conséquences, un moment pour décanter les horreurs des guerres et des conflits où les hommes sont tous atteints…

Les grands objectifs de base ayant été atteints, tous les autres sont devenus caduques, voire sans importance. Les participants[1], pour qui il s’agissait là d’une première expérience de ce type, seront enthousiasmés et comblés d’avoir vu tout ce monde engagé, cette effervescence dans les organisation et dans tous les espaces où les cogitations émergeaient. Ils auront été envahiEs d’émotions nouvelles par les paroles emballées qui deviendront précieuses. Ils sont entrés maintenant dans ‘le vaste monde du changement’, et heureusement, il devient plus vaste qu’avant; ils auront saisi les nouvelles occasions de changer les choses par petits pas, en ayant une perspective du futur plus active qu’actuellement. Un autre effet immédiat aura été le réseautage des personnes et des groupes de toutes origines et provenances vers, c’est un espoir,  un but qui devrait dépasser le grand rassemblement populaire !

Le mur des femmes contre les oléoducs.

Le mur des femmes contre les oléoducs.

Beaucoup auront le souhait dans leur for intérieur de voir des changements dans le monde actuel, prônés par chaque groupe et ses porte-paroles,  et qui iraient dans le sens d’un meilleur équilibre entre les hommes: une vraie justice sociale !  Certains scientifiques et intellectuels contemporains avaient prévu les bouleversements climatiques actuels et en grande partie acceptés aujourd’hui, tandis que d’autres, plus ou trop sceptiques, attendaient la réalité sans trop prêter attention : les grandes entreprises multinationales, les banques, les constructeurs automobiles, les géants de la construction, ceux de la finance et de la bourse, les industries pétrolières et gazières, les spéculateurs de l’immobilier. Elles ont fait fi de l’urgence climat et des conséquences sur la planète et ses habitants. Nous en payons le prix ! Mais, dans une perspective enthousiaste et heureuse par ailleurs, nous avons des personnes telles Naomie Klein, Ricardo Petrella, Widia Larivière, Joseph, Pierre Viveret, Chico Whitaker, Cathy Wong, Michèle Asselin, Manon Barbeau, Alain Deneault, Ricardo Fuentès, Alexandre Warnet et de nombreux autres qui se lèvent et qui nous invitent à entendre le bruit sourd de la planète mourante et des peuples déplacés. Dans une certaine mesure, au Nord, quelques-uns ont des lumières dans les yeux ! Elles sont devenues radiantes lors des 18 grandes conférences sur les thèmes actuels planétaires ( https://fsm2016.org/grandes-conferences/ ).

Un début, un milieu, une fin: la vision

Le projet était dans l’air depuis au moins 5 ans, l’idée s’est par la suite précisée en mars 2013, après le FSM2013 de Tunis. Puis il a prit forme, selon l’idée. Les gens se sont alors regroupés autour de cette idée et ont entreprit un processus collectif d’engagement; des rencontres se sont tenus dans des espaces publics, des salles de collèges, des cours universitaires, des rencontres syndicales dès le printemps 2013. Certains groupes ont mis plus de temps avant de s’investir dans le projet afin de consulter leurs membres.

Les réunions et rencontres se sont succédé au rythme de une ou deux par mois jusqu’à l’été 2015; puis se sont intensifiées à une par semaine, les groupes de travail ont été construits, puis l’équipe de la permanence mise en place dès août 2015, et il y a eu composition du CA de l’OBNL. A partir de ce moment là, les jeux de pouvoir individuels sont apparus. Les commentaires  sur l’auto-construction aussi ! J’y ai adhéré, comme avec les 140 à 200 bénévoles du moment. Les jeunes, les plus âgés, les têtes grises y croient aussi. Les valeurs et les croyances de chacun-e ont probablement servi de ligne guide vers l’agglutination dans une forme collective de travail, justement appelé –le collectif- : celles de participer à un monde meilleur, celle de contribuer par ses talents et expériences au travail partagé, celle d’influencer les autres vers ce changement, et bien d’autres encore, élaborées entre autres dans la charte des valeurs du fsm2016 et suivant la charte des fsm brésiliens de 2001. Mais ceci n’aura pas empêché plusieurs intérêts personnels de pointer, sous le prétexte de ‘remplir la mission fsm’, tout en admettant que l’événement, comme tel, n’est pas un acteur de la société civil…un double discours semant la confusion chez plusieurs.

Les participants (on a parlé de plus de 30 à 35,000 participantEs) au forum incluent aussi les organisations, et elles étaient nombreuses (autour de 1,100). Elles provenaient principalement du Québec, puis en second lieu de l’Amérique du Sud, de l’Afrique, et quelques-unes du Canada, de l’Asie du sud-Est, de la France, de l’Allemagne. Le groupe de travail-programmation a aidé la plupart à comprendre le processus d’inscription d’activités autogérées, la méthodologie et le schéma horaire de la semaine-forum, pour un accès ouvert au plus grand nombre; l’aspect communication a eu ses ratés, et certaines étapes, discutées en collectif de coordination, ont été menées en parallèle, sans consultation et avec une coordination légère avec les facilitateurs du groupe-programmation. Des dates ont été devancées ou reculées, des mécanismes de compréhension informatique et technique ont été transmis avec des délais importants pour nos équipes de travail et ce fut malheureux pour quelques-uns; ceci a eu un effet certain sur les attentes énormes et la qualité de l’organisation. L’expérience bénévole de plus de 800 heures accordées, par un jeune aux études, un chercheur d’emploi, un travailleur à temps partiel, une femme travailleuse en famille fut autrement sous-estimée pour l’organisation du FSM.

Là où le bât a blessé, c’est dans la structure même du processus de l’organisation fsm : là où il devait y avoir horizontalité et leadership partagé, c’est en partie le contraire qui s’est produit. Là où il devait y avoir inclusion et partage du pouvoir, il y a eu des exclusions, pour plusieurs qui ne partageaient pas une idéologie devenue ‘formelle’ au collectif; cela fut constaté lors des absences significatives aux rencontres du collectif et sur le terrain même lors de l’événement fsm. Plusieurs se sont ainsi absentés, mis à l’écart de façon subtile. Plus tard, ils seront heurtéEs de cette façon de procéder, qui semblait se jouer autour du pouvoir et de la reconnaissance d’une autorité tacite. Des groupes et des organisations ont d’ailleurs prit ‘une position critique’ par rapport au FSM2016 et des textes témoignent des aspects litigieux et analysés touchant l’organisation montréalaise, son processus et son impact qui demeureront, autant réalistement qu’idéalement parlant.

La finalité, c’est le but ultime. La vision transcende-t-elle la finalité ?

La vision à long terme, l’inspiration du futur et donc, celle que devraient porter (avoir) les leaders d’organisation (Henri Mintzberg, éd. 2007), c’est la cohérence éthique en l’homme entre la pensée, l’action et le sentiment sous-jacents à la vision. Alors où en sommes-nous au final ? Sans doute à un certain tournant, puisque les fsm, qui avaient modifié son rythme aux deux ans, a repris un rythme annuel entre celui de Tunis en 2015 et Montréal en 2016, accepté par le conseil international issu du Brésil. La perspective, telle que mentionnée au collectif montréalais, était de redynamiser le processus fsm sous l’impulsion de la jeunesse du Nord en lien avec la mouvance de résistance des printemps 2010, 2011, 2012 et 2013. Cette mouvance, depuis 2013, a davantage été stimulée par les syndicats, les groupes Autochtones et les groupes environnementalistes où les leaders sont présents et n’hésitent pas à prendre justement le ‘lead’ essentiel à l’action collective; que l’on pense seulement aux présences publiques et médiatiques des Patrick Bonin, Steven Guilbaut, Lucie Pagé, Mélissa Mollen-Dupuis, Ricardo Petrella, Naomie Klein, Joseph…, et combien d’autres qui s’alignent ouvertement en tenant l’étendard d’un agir en toute liberté et de la défense essentielle des droits humains ! Notre leadership en ce sens a eu ses défauts, car incapable de prendre position sur des enjeux précis (seulement dans la globalité du processus fsm)…Changer le monde ? Peut-être…mais c’est d’abord changer (ou stimuler) l’humain qu’il importe de faire. Le vrai leadership n’a que faire des dénigrements de ses semblables. La lutte pour un autre monde est-elle à ce point virtuelle que d’aucuns se targuent d’en être  ‘le leader’? Naomie Klein et d’autres (David Suzuki, Hubert Reeves, etc.)  nous invitent plutôt à passer outre nos ‘champs d’action’ respectifs et à s’allier rapidement aux mouvements existants pour créer cette force, la seule capable de faire fléchir les gouvernements, les institutions transnationales, les compagnies financières face à la croissance sans fin et la course aux profits. Elle était présente en 2014 au FSP d’Ottawa et était ici aussi avec un message très pointu.

Après le fsm montréalais…

Ralph Nader disait, par ses trois ‘S’- à savoir : ‘S’indigner, S’informer et S’impliquer’-, qu’ils sont à la base d’une démarche d’action.  Nul doute qu’avec toute la fraîcheur des nouveaux participants et des nouvelles idées émises ici et ailleurs, la conscientisation des solidarités et le sens du devenir de l’homme prendront un nouveau sens, et où chaque acteur aura sa place dans l’action qui sera efficace pour les autres hommes, pour les peuples et pour la planète.

 

Video du CRID (France)

Site de PISTE-A la chaine

site du FSM2016

Blogue de A Babord(Québec)

 

 

Une PLANÈTE EN PÉRIL, une HUMANITÉ EN DANGER, une VIE EN SURVIE !

Intervenant communautaire

Membre du collectif FSM2016 de Montréal

 

[1] Ici, la forme masculine est utilisée dans l’unique but d’en alléguer le texte et veut inclure les personnes des deux sexes et des autres identités perçues pour chacune et chacun.

 

* Liens web: video du CRID (de France):

Urgence verte ! Basta les fossiles !

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Marche pour le climat, 29 novembre 2015, Terre.- Nous étions des milliers à Ottawa aujourd’hui. Dont plus de 50 autobus en partance du Québec pour joindre le grand rassemblement pour le climat. Des centaines de groupes environnementalistes, tels la Fondation David Suzuki, Équiterre, Greenpeace, Action Climat, 100%possibles.org, des centaines de bannières aux couleurs du jour -le vert- pour signaler aux élus de la COOP21 de Paris l’urgence d’agir. Marche de Paris (ICI).

Les fossiles sous la terre !

Les fossiles sous la terre !

Du point de départ au lieu de la colline, nous croisons les citoyens-nes qui ont senti cette urgence au pas de l’hiver. (Images de 100possibles-ICI). A Paris, Tokyo, Sydney, Londres, Vancouver, New-York, Montréal, on dit que plus 570,000 personnes ont bravé nature et pluie dans plus de 1200 villes du monde. Ici, des bannières aux multiples couleurs égayaient le parcours, celles de Blue Planet, ATTAC Québec, OXFAM Québec, l’AQOCI, le RVHQ, le FSM2016, Développement & Paix, Unifor, la FTQ, le Conseil central de la CSN, Alternatives, des mouvements populaires : Coule Pas chez nous,  Alerte Pétrole Rive-sud et de nombreux autres, d’Ottawa et de Gatineau, dans ce rendez-vous sur la colline, face au Parlement fédéral, pour plus de 25,000 personnes

L'arrivée sur la colline !

L’arrivée sur la colline !

Vers 2h30, nous avons eu un contact avec nos amis Français, sur Paris, qui pouvaient entendre nos cris de solidarité ! Et l’écho nous est revenu en direct.

La planète est grande, mais le monde est petit, et dans cette grande foule de tous les âges, nous sommes unis pour un meilleur monde. Ces marches pacifiques expriment tout autant la joie des actions accomplies par chacun-e que les résistances affrontées en cours de route pour que le système change.

Personne n’aime ressentir qu’il est minuit (-) moins 1 pour ses descendants ! Les invités de la COP 21 de l’ONU à Paris se rassemblent du 1er au 13 décembre en vue d’arriver à un accord (d’actions) pour corriger le tir de la pollution qui fait augmenter les gaz à effet de serre, ceux-là même qui affectent la couche d’ozone, l’atmosphère, et qui engendrent ces changements dans le climat et qui causent des désastres ICI-Coalition climat 21.

A Paris toutefois, certains leaders politiques auront quand même de la difficulté à s’arrimer et à s’ajuster: Barack Obama le premier, qui a fait, lundi, une invective directe vers les climato-sceptiques américains; ils sont nombreux et ne semblent pas trop gênés de publiciser leurs bonnes paroles.  Mais c’est sans compter les yeux de millions de gens qui suivent cette rencontre, et heureusement ! car les décideurs ne l’auront pas facile sans la conscience aigüe des citoyens ! ICI-urgence !.

Les mouvements sociaux en mode ‘vigilance’ post élections fédérales

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Les organisations sociales et les mouvements sociaux du Québec ont une première idée de leur plans d’action après des élections fédérales, surprenantes, d’octobre 2015.

Un panel serré de représentant-es-militant-es a dressé lors d’une présentation publique (le 24 octobre 2015), constats suite aux élections du 19 octobre dernier ! A quoi donc peut-on s’attendre avec le nouveau gouvernement majoritaire libéral ? En prémisse, il est dit que personne ne peut s’endormir… même s’il est question d’une certaine victoire pour nombre de groupes sociaux ! Pourquoi ? La réponse vient sans doute en partie de mauvais souvenirs que nous avons au Québec du règne libéral, avant 2007. Ensuite, bien que la volonté populaire de changer de parti au pouvoir ait été démontrée, les promesses et autres changements devront être tenues, « les gestes devront suivre les paroles« , ce qui est toujours difficile à faire. L’attention des organisations civiles en environnement, dans le monde du travail, pour l’application des droits humains et les droits des peuples doit être constante, cela demande énergie, persévérance et constance dans nos communautés.

Nous aurons donc le défi de suivre les engagements et ré-engagements promis: sur la présence du Canada aux négociations de la COP21 à Paris (en décembre), sur les réformes du Code du travail canadien et la précarité de l’emploi, sur les demandes d’enquêtes publiques sur les femmes Autochtones disparues et assassinées, sur la position du Canada dans les conflits internationaux (comme celui de la Palestine & Israël), sur les oléoducs en projet, et combien d’autres, qui reflètent sans doute une bonne part des (vraies !) valeurs des Canadien-nes et des Québécois-es. Même si personne ne le mentionne…

Non, les citoyen-nes du pays ne peuvent pas compter seulement sur les promesses des élus pour dormir tranquillement, sinon ils seront les premières victimes du manque de sommeil !

Ne pas vivre dans la peur, car la peur fige. 

Oser parler, oser argumenter, oser dialoguer avec l’inconnu, pour le connaître et l’apprécier, oser la liberté, au-delà des dogmes et des diktats.

Car la rue appartient aux gens qui l’habitent, les terres sont à celles et ceux qui la défrichent et lui rendent honneur. A ceux qui chérissent la beauté du monde (D. Dufresne), qui peuvent reconnaître les valeurs qui les dépassent et redonnent de l’humanité.

 

Le message de « Tout peut changer »

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Les images du film de Naomie Klein sont soufflantes ! Les fumées blanc-jaunâtres de Fort MacMurray envahissent tout l’écran, et nous n’y sommes pas sur place. Elle, elle y était en 2013, lors d’une visite de délégation du Québec, quand le combat s’articulait autour des sables bitumineux, dans le nord de l’Alberta. Un développement économique dans la foulée des discours économistes du XVIIIe siècle, i.e. « que les ressources de la Terre sont inépuisables (…) et que l’homme peut en extraire tant qu’il le veut... » Cette pensée, désuète aujourd’hui, a conduit aux inimaginables catastrophes que les autochtones de Beaver Lake avaient pressenties, mais que nous ne comprenons que maintenant. Nous voulions contrôler la Nature, mais force est de voir que celle-ci semble se venger de nos outrances, de nos excès. Les États-Unis, touchés à New-York par l’ouragan Sandy en 2012, prennent acte de ces revirements. Le réchauffement du climat est bien réel et risque de faire augmenter la température de plus de 2C au cours des dix prochaines années. Pour elle, « Nous sommes en danger ! ».

La marche du climat en avril à Québec (Qc).

La marche du climat en avril à Québec (Qc).

Les exemples montrés font choc, images percutantes à l’appui, telles celles de la contamination d’une vallée au Montana, sur la rivière Yellowstone, où une famille d’éleveurs se lève par un beau matin, en pleine et vaste campagne, avec une marre d’eau contaminée au pétrole par une cie d’exploitation; le rêve d’une vie est dévastée ! Car « l’on prend dans la terre à outrance, sans remettre ce qu’elle nous donne » (dixit une autochtone Cree).  « Pourtant, ajoute-t-elle, nous ne sommes ici que de passage. Que laisserons-nous aux enfants qui nous suivent? » .

dans le Huffington Post

En Grèce, à Hakidiki, des citoyen-nes ont refusé des mesures d’austérité dictées par les gouvernants locaux. Ils sont descendus dans la rue et ont bouclé une boucle. Heureusement, car il fut dit que ‘tout est à vendre’ là-bas, vers 2009-2010. C’était une réponse aux gens inquiets de la crise économique: Vendez tout ce que vous avez. Une telle réponse laissera sûrement le champ libre aux envahisseurs… économiques, évinçant les petits commerces, les politiques locales et la gouvernance du territoire propre, tout sur leur passage quoi.

En Andra Pradesh, aux Indes, les villageois de Sompata ont également bloqué des rues aux voitures qui voulaient se rendre sur le site d’une compagnie minière jugée illégitime par les citoyen-nes. Info Sompata Nuclear power plant project .

A Beijing, en Chine, la croissance économique vertigineuse et encensée de ce pays émergent vit dans le smog entre 150 et 175 jours par année. On y voit des familles qui disent ne pas pouvoir sortir de la maison à cause de la pollution. Un enfant témoigne ne pas savoir (avoir vu) de nuages, peu de ciel bleu, et pas de soleil…Les images du réalisateur nous révèlent ce qui est caché par un long voile blanc, épais, dense, duquel on se bouche le visage, durant la moitié de l’année.

Elle égratignera au passage quelques grandes sociétés, comme la Royal Society, en Angleterre, qui préconise le contraire d’une décroissance et qui semble ne voir là que des propos alarmistes. Tout comme certaines sociétés de haut-savoir aux États-Unis qui dénigrent encore les changements climatiques et le fait humain sur l’environnement.

Un film épeurant ? « Non, dira Naomie Klein, mais nous sommes en danger » mais ensemble, nous pouvons agir pour stopper cette destruction massive de la planète (séquences appetizer).

Je m’abstiens donc de donner le punch du film, il est à voir, et non pas à le révéler entièrement !

Ça bouge, au nom de la Planète !

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Les Québécois-es ne sont pas frileux !

Quand l’on constate le mouvement de balancier de gauche à droite, il convient de prendre la base par le cou, et le haut par la gorge pour exprimer haut et fort, en criant ou en chantant que les citoyens-nes ont déjà payé un large prix pour une vie plus sereine. La dynamique sociale évolue au rythme des crises économiques, dont certains font peser le poids sur le dos des ânes, que nous ne sommes pas !

En décembre 2009, lors de la visite de l’ONU à Montréal sur les changements climatiques et la suite du protocole de Kyoto à déterminer, le gouvernement canadien à déclarer forfait. Depuis, le sommet de Copenhague s’est avéré décevant, et les industries minières, pétrolières et gazières continuent dans un discours alarmistes sur nos besoins futurs. Le gain et le capital sont décidément des parasites collés aux hommes. Nous devrons bientôt appeler l’exterminateur.

Assemblée de l'ONU sur le climat. Montréal, Déc.2009.

Assemblée de l’ONU sur le climat. Montréal, Déc.2009.

Il y a eu aussi le sommet de l’ONU sur la nouvelle économie verte, en juin 2012 à Rio (Brésil), où les chefs d’état étaient présents pour discuter de l’avenir des nouvelles formes d’économie mondiale. Nous étions là aussi, au sommet des peuples de Rio, pour cultiver un autre genre de racines: celles dont les semences ne sont pas modifiées et qui font partie du patrimoine alimentaire des peuples. Et que nous devons protéger des industries multinationales de l’agro-business.

En 2010, les Boliviens se sont mobilisés contre la privatisation de l’eau, réalisée par l’État et remise en cause par des manifestations monstre des syndicats, des paysans-nes et des institutions locales; le gouvernement a du faire arrière. L’eau était devenu un enjeu de survie et un enjeu symbolique sur l’accaparement des terres et la dépossession des habitants (D. McNally, 2010).

Ici, au Québec, les citoyens-nes sont de plus en plus sensibles à la question de l’eau, des rivières, du fleuve St-Laurent, et des tentatives pour marchandiser cet élément de vie. Le 22 avril 2012, à Montréal, plus de 250,000 personnes ont marché pour le Jour de la Terre, partant de la Place des Arts vers la face est du Mont-Royal, arborant une main gigantesque en guise de  »stop » aux méfaits causés à la planète.

En octobre 2014, ce sont les journées bleu Terre, animées par la fondation David Suzuki, qui génèrent un regain d’énergie pour la planète au parc Maisonneuve avec plus de 3,000 personnes qui ont chanté avec les artistes québécois-es sous un soleil radieux. (http://www.davidsuzuki.org/fr/medias/communiques-de-presse/2014/07/la-tournee-bleu-terre-david-suzuki-annonce-une-tournee-nationale-en-automne-2014/).

En novembre, c’est au tour de la mobilisation contre la pétrolière Trans Canada (et Energie Est) de prendre place au centre-ville, à la Place Normand Bethune, point de départ des 2,000 marcheuses et marcheurs vers l’est. Cette compagnie qui vient de voir une fuite d’un document sur sa stratégie de communication mis à mal par les citoyens-citoyennes qui viennent de réaliser tout le potentiel d’une grande compagnie qui veut arriver à ses fins…financières (http://www.rcinet.ca/fr/2014/11/20/serie-noire-pour-transcanada-coulee-par-une-fuite-et-plombee-par-un-vote/).

Nous sommes toujours en novembre et bien que le temps froid s’annonce, d’autres fantômes surgissent des années précédentes, comme la relance du Plan Nord, et d’autres idées se conjuguant à une nouvelle ère appelée  »Austérité » vont venir hanter nos esprits, mais ne calmeront pas nos ardeurs.

Non, nous ne sommes pas frileux !